Les années-rebours

Les années-rebours

French

ISBN : 9781623093983 | 350 pages | 9,99 $ | | Guy Verville

Ce livre a été publié pour la première fois par Varia (qui a cessé ses activités). Premier ISBN 2004: 2-89606-004-9. J'ai repris mes droits et publié au format ePub.

Disponible uniquement en format ePub auprès de

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Rémi est bou­lan­ger. Il vit dans le bien-être tran­quille d’un amour sans pas­sion. Mais entre le confort et la paresse, la puis­sance de son désir per­siste, ancrée en lui comme une quête. Rémi erre ain­si dans les sau­nas et sur le Net, avec l’espoir d’y trou­ver la part d’intensité qui lui manque. De la cani­cule urbaine à la lente res­pi­ra­tion du fleuve, du Bré­sil à l’Irlande, son par­cours demeure un rêve sans illusion.

Rémi touche les draps du lit non refait, repère des taches çà et là, des flaques séchées dont il reconnaît la provenance. Quelle est la semence de qui ? Il les effleure, ne possède pas l’intelligence tactile suffisante pour poursuivre aveuglément l’analyse. Il se couche, renifle. Là, c’est Victor ; il dort toujours du même côté du lit et il reconnaît son odeur ; et là, donc, c’est l’autre. Les deux sentent bon, et leurs sucs, dans ce silence,
vieillissent bien, à la surface du bonheur. Pourquoi Victor n’a-t-il pas eu la décence de faire une lessive avant de partir ? Cela prouve qu’il en a marre. Vraiment marre.

Critiques

Douceur amère

Un très beau livre, très tendre, qui nous vient du Qué­bec. Guy Ver­ville a été salué par la cri­tique, là-bas. Et c’est vrai que cette his­toire, celle de Rémi, qui vit mol­le­ment dans une rela­tion ordi­naire, et qui va errer dans les sau­nas et sur le net pour pimen­ter son quo­ti­dien, vous touche.

C’est un peu doux-amer, mais après tout, la vie est comme ça, non ?

Blue Book Paris (2004/08/01)

Un excellent roman

Rémi, bou­lan­ger de son état, vit un amour qui a som­bré dans la quo­ti­dien­ne­té avec Vic­tor. Cela ne l’a jusqu’ici pas empê­ché de s’encanailler avec à peu près tous les hommes qui l’entourent et il sent subi­te­ment une cer­taine las­si­tude l’envahir.

Mérite-t-il plus que Vic­tor ou n’est-il sim­ple­ment pas en mesure de recon­naître ce bon­heur qui est le sien ? Devrait-il résis­ter aux avances de Luc, le mari d’une amie de tou­jours ? Qu’en est-il de Sté­phane, cette escorte pour dames ren­con­trée dans un sau­na qui le bou­le­verse de manière inat­ten­due ? Un roman aux per­son­nages com­plexes et tour­men­tés, mais qui ne tombe jamais dans le pathos. L’auteur, Guy Ver­ville, sait éga­le­ment par­se­mer d’une dose d’humour son récit (même s’il verse quel­que­fois un peu dans le cabo­ti­nage). La plu­part des lec­teurs sau­ront sans aucun doute se recon­naître dans le che­mi­ne­ment de Rémi, et on ne peut que saluer au pas­sage une maî­trise de l’écriture qui nous fait appro­cher les per­son­nages et leurs méandres par petites touches, tout en pré­ser­vant leur part de mys­tère. L’ensemble aurait peut-être méri­té un trai­te­ment un plus res­ser­ré mais, somme toute, voi­ci un excellent roman qui en tou­che­ra plus d’un. Un auteur à suivre de près !

Benoit Migneault, Fugues (2004/04/21)

Réalisme et franchise

Le plus récent roman de Guy Ver­ville, Les Années-rebours publié aux Édi­tions Varia, aurait faci­le­ment pu tom­ber dans le piège du cli­ché puisque toutes les idées pré­con­çues au sujet des gais y sont pré­sentes : visites dans les sau­nas, rela­tions sexuelles ano­nymes, cla­var­dages éro­tiques, infi­dé­li­té, etc. Or, l’auteur pos­sède une telle maî­trise de son art que sa manière de nous racon­ter la vie de Rémi, cet homme dont la vie de couple sur­vit dif­fi­ci­le­ment à l’usure des jours, ne peut que nous éton­ner par son réa­lisme et sa fran­chise. Grâce à Inter­net, l’auteur a abon­dam­ment nour­ri son texte au point de nous offrir un por­trait assez fidèle de la vie gaie.

La Voix du Village (2004/04/21)

Sublime !

Que voi­là un roman ani­mé par le souffle du génie ! L’histoire de Rémi risque d’en bou­le­ver­ser plus d’un, car Ver­ville a su, par son talent d’écrivain, déga­ger l’essentiel des sen­ti­ments humains et nous dire sub­ti­le­ment par l’un de ces per­son­nages, comme pour nous sor­tir de nos insé­cu­ri­tés et nos inquié­tudes : « Cou­donc, réveillez-vous ! » Ain­si, Rémi vit en couple avec Vic­tor depuis de nom­breuses années, mais la pas­sion n’y est plus. Rémi cherche alors à com­bler ses dési­rs non com­blés (enten­dons ici affec­tifs et sexuels) par des ren­contres dans les sau­nas et les salons de cla­var­dage dans Inter­net. Il fait la connais­sance de Sté­phane qui trouble son cœur. Puis, il y a Luc, le mari d’une amie, avec qui il a eu des aven­tures. Il croit l’aimer. Il croit aimer encore Vic­tor aus­si. Vous voyez le tableau ? Rémi se trouve autour de nous mais en nous également.

J’ai ado­ré ce roman parce qu’il nous pro­voque et nous inter­pelle par cette simple ques­tion : pour­quoi se com­pli­quer la vie avec nos his­toires d’amour ? Sur­tout que Vic­tor, de son côté, consta­tait l’échec du couple, mais il n’en a pas souf­flé mot à Rémi. Tiens, l’homme qui ne parle pas, incon­nu pour vous ? J’ai aus­si aimé Lucienne, cette femme de la cam­pagne, sym­pa­thique et char­mante, qui ne se gêne pas pour bras­ser Rémi. Comme la voi­sine Irène, capable de prouesses inima­gi­nables mal­gré sa mala­die et qui, à sa manière, bous­cule les opi­nions et les sup­po­si­tions de Rémi.

On retrouve dans le texte de Ver­ville plein de réflexions sur les rela­tions de couple, l’amour et l’amitié. Il ne faut sur­tout pas se pas­ser de cette for­mi­dable lec­ture offerte par Ver­ville. Sublime !

Richard Chartier, RG (2004/07/01)

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