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Aboulie

Modifié le : 2019/07/21

ABOU­LIE [abu­li] n. f.
1883 ◇ grec abou­lia « irré­flexion », sens modi­fié d’après bou­les­thai « vouloir »
MÉD. Trouble men­tal carac­té­ri­sé par une dimi­nu­tion ou une dis­pa­ri­tion de la volon­té se tra­dui­sant par une inap­ti­tude à choi­sir, à se déci­der, à pas­ser à l’acte. ➙ apathie.
(Petit Robert 2014)

J’ai ache­té Le Petit Robert, ver­sion élec­tro­nique, ten­té sou­dain de lire des mots, d’élargir le voca­bu­laire et l’expression. Connaître de nou­velles for­mules ne rend pas plus intel­li­gent. Cela ne conduit pas non plus au nir­va­na de la conscience. Après tout, il s’agit d’une arme qui, dans les mains d’un esprit guer­rier, fera un tort consi­dé­rable. La noblesse de l’outil n’est rien si l’artisan s’aveugle ou s’enivre. Ou s’emporte.

Un dic­tion­naire est entre autres choses un cime­tière. Lorsqu’il n’y a plus de place, on remue la terre et on déplace dans un ossuaire. Beau­coup de mots n’ont de sens que pour des êtres morts, des époques révo­lues. On peut très bien se pas­ser de la plu­part des mots pour vivre. Il nous en faut, quoi, deux, trois mille ? Et le reste, cet ice­berg de signi­fiants, demeure plon­gé sous une eau connue des seuls scien­ti­fiques, de quelques beaux esprits et aus­si d’automates de la lit­té­ra­ture qui savent bien écrire et qui ont sou­vent le don de ne rien dire.

Lire un dic­tion­naire a cepen­dant ceci d’utile qu’il remue, jus­te­ment, la terre de nos habi­tudes. Je ne veux point m’endormir, je piaffe, veut connaître davan­tage. On pour­rait me sug­gé­rer d’aller faire du sport, que ça me chan­ge­rait aus­si les idées ! Je ne dis pas non, tout comme j’ouvre grandes les antennes des pos­si­bi­li­tés, je tends l’oreille encore une fois.

Il ne s’agit pas de chan­ger pour chan­ger, mais de retour­ner l’humus, car un prin­temps ne se pré­pare pas en atten­dant que l’hiver passe. Je crains sur­tout l’aboulie de mes rêves, la perte des sens. L’homme sage ou conser­va­teur pour­rait déce­ler ici de la névrose. Il ne vou­dra rien entendre de mes grandes phrases. Il aurait peut-être rai­son. Je ne dis pas non. Mais je ne lui dis pas non plus oui.

Les choses peuvent chan­ger, comme se macèrent les sai­sons. L’esprit curieux est celui qui se rap­proche plus de l’enfance. Je n’ai aucu­ne­ment le désir de retour­ner dans cette naï­ve­té pas­sa­gère. Je veux tou­te­fois conti­nuer à jouer avec les mots, dan­ser avec les possibles.

ABS­TÈME [apstɛm] adj. et n.
1596 ◇ latin abs­te­mius
■ 1 DR. CAN. Qui, par répu­gnance natu­relle, ne peut com­mu­nier au vin.
■ 2 DIDACT. Qui s’abstient de boire de l’alcool. ➙ abs­ti­nent, sobre.n. Les abs­tèmes musul­mans, hindous.

Ce n’est pas mon cas.

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