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Apprendre à se reposer

L’automne réus­sit tou­jours à me séduire, sur­tout le matin quand le soleil, droit devant, mélange sa lumière à l’opalescence déca­tie des feuilles. Cela ne dure­ra pas. Dans le Paci­fique, un typhon a été suf­fi­sam­ment puis­sant pour bous­cu­ler les grands jets atmo­sphé­riques et, tels des domi­nos aléa­toires, les sys­tèmes avoi­si­nants s’enveniment.

Il y aura de la pluie durant la pro­chaine semaine, de courtes vacances pour moi. Je n’avais pas encore pris le temps de me repo­ser, cette année. Un pro­jet n’avançait pas et comme j’en suis le res­pon­sable, j’ai atten­du que les diverses pièces du puzzle soient bien en place pour partir.

Toutes les excuses sont bonnes pour ne pas prendre des vacances, m’avait dit un jour la res­pon­sable des res­sources humaines. Elle n’a pas tort, spé­cia­le­ment dans mon cas. Il s’agit certes pour moi d’une fuite en avant, comme si j’avais peur de perdre le mini­mum de cer­ti­tude que j’ai face à l’avenir.

Cette der­nière semaine fut épui­sante à bien des égards, ayant à confron­ter une col­lègue. Être en colère n’est pas habi­tuel chez moi, les gens et les gestes dra­ma­tiques m’ennuient, les ton­neaux creux m’exaspèrent. J’en ai trop vu et vécu.

Je n’aime pas cepen­dant lais­ser der­rière moi les gens surir dans leur fiel. Il y aura pro­ba­ble­ment un hiver entre cette col­lègue et moi, mais le pro­fes­sion­na­lisme de cha­cun fera en sorte d’ajouter la couche néces­saire d’humus qui ense­ve­li­ra le désaccord.

Voi­là donc que je traîne mes pro­blèmes durant ces jours de repos. Une semaine, c’est trop court. Il me fau­dra donc faire très atten­tion de ne pas oublier la richesse du silence et de lais­ser aller les choses.

Sem­per ipse ero, je serai tou­jours moi-même, j’en avais fait ma devise, ado­les­cent. Est-ce une réelle convic­tion ? Je ne suis pas celui de mes quinze ans, mais je suis le même. Et puis, cela a‑t-il vrai­ment de l’importance ?

Fai­sons autre chose chaque jour qui nous soit don­né. Et pour moi, je devrai m’astreindre à ter­mi­ner cer­taines réno­va­tions. À défaut de per­sis­ter, je lais­se­rai un immeuble.

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