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Ce qui est inaccessible

Modifié le : 2019/07/14

Ce qui est inac­ces­sible sculpte le sable de nos rêves. L’amant au loin, celui qu’on n’a pas ou celui qu’on vou­drait bien connaître, la gloire issue d’un labeur ou de la chance, l’argent, la vie éter­nelle. On aime­rait que le hasard fasse bien les choses, que les ren­dez-vous soient magiques, que de notre quo­ti­dien germe la paix.

On se mécon­tente divi­ne­ment et si faci­le­ment de tout. Un peu plus de ceci, un peu plus encore de cela. La quête est sans fin, encou­ra­gée par les échecs, les mal­chances, le bon­heur tou­jours en retard sur ses pro­messes. Il y a aus­si ces petites morts, ces jouis­sances las­cives, men­teuses et infi­dèles, ou ces regards qui vous refusent leur profondeur.

On pense trou­ver la lumière que des ombres plus adultes que la rai­son sur­gissent du kar­ma et redonnent aux jours les teintes de la nuit.

Quand on veut, peut-être qu’on pour­ra, se dit-on. Avec le temps, tout ira. On se contente de cette patiente phi­lo­so­phie. Les jours, les ans filent jusqu’à ce moment où l’on s’essouffle après avoir si lon­gue­ment lais­sé che­vau­cher son esprit sur le dos de tant de chi­mères. On se demande alors à quoi ça sert tout ça, ces volon­tés inci­sives, ces aspi­ra­tions océa­niques et ces dési­rs théâ­traux. On se dit que le temps, qui a tou­jours comp­té pour soi se fait sou­dain bien dis­cret. La peur assèche la parole ; le cœur inter­rompt ses prières. Un ange, deux, trois et plus encore passent, nos espoirs accro­chés à leurs ailes.

Et si cette soif pour ces êtres et ces choses, beaux et belles, n’était que l’expression d’un sen­ti­ment crain­tif face au vide ? Ah ! Qu’on en rit et qu’on se sur­prenne mal­gré le peu d’originalité de l’interrogation. Car tel est bien la beau­té et la lour­deur du constat, qu’il n’y a pas de réponse, seule­ment une vivante obstination. 

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