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Facebook et l’épiderme

Modifié le : 2019/07/29

On aime les tem­pêtes quand elles n’arrivent pas à mena­cer le confort. On assiste, pro­té­gé, aux rigueurs éner­giques, voire éner­gi­santes, des élé­ments déchaî­nés. On est heu­reux, on se sent choyé d’autant que sen­ti­ment de sécu­ri­té ne peut être que vain et passager.

Il en va aus­si de ces bulles qui se forment pro­gres­si­ve­ment dans notre uni­vers social. On ne se touche plus, on demeure der­rière la vitre de notre espace infor­ma­ti­sé. On accepte encore la tem­pête des autres, mais les vrais sen­ti­ments coulent davan­tage dans des réseaux sociaux, exsangues. Une nou­velle culture émerge, faite éton­nam­ment de mots et de visuel. Nos alpha­bets se recréent différemment.

J’ai le désir, depuis quelque temps, de m’effacer de Face­book, de trou­ver des cercles plus petits. Or, comme il y a, dans la rela­tion humaine, une grande part de hasard, il semble plus facile ou rapide de plon­ger dans le pres­to des réseaux sociaux afin de maxi­mi­ser les collisions.

Mais encore. À la longue, je m’aperçois que, de ces col­li­sions, bien peu résistent au temps. La nature de nos rela­tions cyber­né­tiques est radio­ac­tive, puis­sante, et puis s’en va, comme une eau gazeuse trop secouée. Plus cela s’agite, je crois, plus ça retourne à l’obsédante platitude.

Rien ne rem­place la fusion de deux corps qui ne peuvent aller au-delà de la fron­tière de leur réa­li­té. Ce qui se trans­met d’un épi­derme à l’autre bouillonne, cimente des réa­li­tés impos­sibles à recréer dans un smi­ley. Mais nous avons peur d’ouvrir la porte ; nous res­tons sou­vent enfer­més sous nos petites laines.

J’en suis le pre­mier à y suc­com­ber, confor­table et lâche.

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