altPicture1386338185

Falaise, phase 3

Modifié le : 2019/07/18

J’ai pas­sé la semaine à révi­ser le roman. Ce texte, c’est comme de la pâte à crois­sant. On l’étire, l’aplatit, ajoute du beurre, le replie. Tout s’uniformise et, au final, on espère qu’il gon­fle­ra, sera appétissant.

Les cor­rec­tions de mon édi­trice ont été rigou­reuses au point d’y aller, çà et là, de coupes sévères. J’ai tout accep­té les cor­rec­tions notées dans le logi­ciel de trai­te­ment de texte avant d’entreprendre moi-même cette der­nière lec­ture, en essayant de faire abs­trac­tion de ce que je connais­sais du texte. Ain­si, sans aucun repère, sans aucune marque de com­men­taires ou de cor­rec­tions, j’ai pu voir ce qui était deve­nu natu­rel, cou­lant et ce qui, par­fois, ne l’était plus.

Le regard et les gestes d’un cor­rec­teur externe peuvent être à la fois effi­caces et inap­pro­priés. À cer­tains endroits, j’ai noté tout de suite qu’on avait enle­vé une par­tie de mon souffle. Je suis retour­né voir le manus­crit ori­gi­nal, ai com­pris, réflé­chi, déci­dé si j’acceptais ou refusais.

Ce tra­vail fut pénible, non pas pour mon amour propre, mais parce que je com­mence à avoir du mal à appré­cier ce que j’ai écrit. L’accouchement de ce texte fut dif­fi­cile ; j’ai l’impression d’accoucher par césa­rienne depuis deux ans. Je n’ai plus les yeux, la patience pour aimer ce texte. J’y vois tous mes défauts, mes fai­blesses et aus­si mes qualités.

Tout le monde me dira que c’est nor­mal. Je le sais moi aus­si per­ti­nem­ment. J’ai enfin dépo­sé mon crayon. À tout le moins, pour ce texte. Si tout va bien, la pro­chaine fois que j’aurai à l’approuver, ce sera sous forme de livre prêt à être envoyé chez l’imprimeur. Inchal­lah comme le dit un ami algé­rien. À la grâce de tous les dieux.

Et pen­dant ce temps, l’automne m’apaise.

#730f19
#a7e76f