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Faut pas oublier le derrière

Modifié le : 2019/08/04

Chan­ter m’est deve­nu ardu, et c’est nor­mal. Je ne sais plus com­ment me pla­cer. S’il me faut déployer mon dos, le sou­le­ver, éti­rer la nuque, avan­cer la gueule comme un bêta, il ne faut sur­tout pas que j’oublie le der­rière trop res­sor­ti et que je dois ren­trer comme si j’avais un dix cents à rete­nir avec la raie des fesses. Et, la cerise sur le sun­dae, je dois chan­ter librement !

Mais ce n’est pas tout. Je veux trop bien faire, je veux que cela soit par­fait. Je le déclare d’emblée à mon pro­fes­seur qui me confirme que ce que je fais n’est pas beau… mais cor­rect au niveau où j’en suis, et que tout ça est nor­mal. Qu’il est bon pour moi (« Je suis payé pour ça, me répond-il, narquois. »)

J’assimile les pen­sées, j’intellectualise à mer­veille ce qu’il faut faire et ça ne donne stric­te­ment rien. Tout est dans ma tête ren­ché­rit de manière à peine voi­lée mon patient professeur.

Et ces fou­tues graves ! J’y arrive à peine (mais j’y arri­ve­rai). Or, voi­là que Vincent m’annonce qu’il consi­dère que je devrais pou­voir faire un contre si. Misère du saint Ciel des chan­teurs ! Si haut que ça ? Déjà qu’il faut que je m’occupe de mon derrière !

Je sais où tout cela doit m’amener. Apprendre à chan­ter, c’est comme faire des réno­va­tions. Il faut abattre les vieilles struc­tures, les obs­ti­nés réflexes pour que ce qui soit rebâ­ti ne soit pas que du cache-misère. Et vien­dra un jour où je ne pen­se­rai plus au der­rière, à la cage tho­ra­cique, au cou Pinoc­chio. J’espère pour le prin­temps, car, en théo­rie, j’ai un exa­men à pas­ser (c’est l’objectif fixé). Alors, en mai, je pour­rai chan­ter ce qui suit, une pièce de Fau­ré que je dois apprendre. On dirait presque du Vigneault. C’est du Fau­ré à ses débuts, un peu bon­bon, très fran­çais. Ça va me chan­ger de l’italien !

Je dois éga­le­ment apprendre cette jolie pièce d’Ernest Chaus­son. L’interprétation ci-des­sous est par­ti­cu­lière, chan­tée par une anglo­phone qui déforme trop le fran­çais. Mais je ne sais pas pour­quoi, j’ai aimé l’attitude de la chan­teuse, à la fois timide et sentie.

Ces deux pièces ayant la par­ti­cu­la­ri­té de plon­ger par­fois dans les graves. Rien n’est gra­tuit dans ce cours, tout sert à quelque chose ! Mer­ci Vincent ! (je sais, tu es payé pour ça… pfff)

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