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Fou à lier

Modifié le : 2019/08/06

Je lis en ce moment un très beau roman, paru pour la pre­mière fois en 1900, Le Gar­dien du feu d’Anatole Le Braz. Ah ! Ce que je don­ne­rais pour avoir ce talent, cette capa­ci­té à rendre vivante et belle la plus sor­dide des passions.

Bien que cela puisse faire sou­rire de lire un gar­dien de phare qui vous raconte avec tant de voca­bu­laire et d’illumination son his­toire, lui qui, en prin­cipe, n’a pas une belle par­lure, et n’a pas grande école, il faut aller au-delà de ce entour­lou­pette de lit­té­raire pour se lais­ser absor­ber par l’agonie du coeur que cet homme éprouve.

L’histoire est épou­van­table, basée sur un fait divers. Un gar­dien, il nous l’annonce d’emblée, a enfer­mé sa femme et son amant dans une pièce du phare dont il est le gar­dien. Il les laisse mou­rir à petit feu, pour se ven­ger, pen­dant qu’il écrit à son patron pour lui expli­quer tant la genèse que le dénoue­ment du drame. Il nous pro­met de se don­ner la mort lorsque les deux amants se seront fina­le­ment éteints.

Je n’en suis qu’au tiers de la lec­ture et je le recom­mande déjà ! Il me faut décou­vrir davan­tage de ces conteurs qui maî­trisent l’âme humaine et qui la racontent avec une pas­sion qui ama­tit toute écrire contem­po­raine trop blanche. Quand un texte devient oeuvre musi­cale, tel est ce Gar­dien du feu.

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