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Froid de canard

Modifié le : 2019/08/06

Je suis cloué à la mai­son, car j’attends la livrai­son de maté­riau de construc­tion. Je fais dans la rime, pas de frime. J’ai fait de la place pour accueillir les madriers et les pan­neaux de gypse, je vends mes fau­teuils, peut-être ma télé que je n’ouvre jamais. J’ai un goût de table rase pour mieux rebâ­tir. Sans par­ler de sim­pli­ci­té volon­taire, j’aimerais tout de même un bel espace pour que mes démons aient le loi­sir de s’exprimer.

C’est, bien enten­du, une manière de par­ler. Je ne connais pas ces démons, je ne les laisse pas par­ler sou­vent. Je ne suis pas mû par une pul­sion urgente de créer. Il y a un peu de matu­ri­té là-dedans, un peu de vieillesse. Mais je sais qu’ils sont là, qu’ils me tendent sou­vent des petits bouts de papier en guise de mes­sages. J’ai la plu­part du temps bien du mal à les com­prendre, mais je m’obstine.

J’ai cette intui­tion (tiens, la rime qui se pointe le nez) qu’il me faut ouvrir grandes les vannes, faire silence aus­si, me récon­ci­lier avec mon âme, celle qui ne fré­quente pas les églises. Je m’obstine, je vous le dis, chers peu nom­breux lec­teurs. Que l’univers (qui n’en a rien à foutre) en soit témoin.

Il fait certes un froid de canard dehors, j’y ai goû­té en net­toyant mon per­ron et mon esca­lier. J’aurais bien aimé une autre pro­me­nade, mais pour l’instant, je retourne à ma pro­gram­ma­tion, à mes mises en page. Le tra­vailleur auto­nome est un strict patron. Ron, ron, ron.

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