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Géométries immobiles

Modifié le : 2019/07/22

Des aigles rôdent au-des­sus d’une colo­nie immense d’oies sau­vages qui se reposent dans un point d’eau. La camé­ra pointe vers un rapace tenant entre ses pattes un oiseau en lam­beaux. Il le laisse tom­ber, un aigle plus jeune rat­trape la proie puis s’élance, dépasse l’autre et le laisse, à son tour, pour que son com­pa­gnon l’attrape. La leçon se pour­suit ain­si. Il s’agit à la fois d’un jeu et d’un exer­cice. L’adulte voit au des­tin de son rejeton.

En des­sous, les oies pour­suivent leurs acti­vi­tés, sachant qu’elles n’ont plus rien à craindre. Les aigles ont eu ce qu’ils voulaient.

Les images du repor­tage de PBS sont sai­sis­santes. Le matin même, je lisais sur les éner­gies féroces du centre de notre seule galaxie qui se com­battent tels des titans mythiques alors que, dans sa péri­phé­rie, un petit caillou bleu­té four­mille d’une vie forte, dyna­mique, vio­lente et passagère.

Ce matin encore, un ami me par­lait d’un temps de repos néces­saire, car il tra­vaille trop. Un autre angoisse parce qu’un chat, sur le toit, a été chas­sé de sa tanière. Ailleurs, on le sait, des fous veulent mettre Dieu de leur côté en assas­si­nant sau­va­ge­ment les âmes. La Terre est un cris­tal de tour­ments et de beautés.

Chez moi, en moi, des zones de calme et de tem­pêtes. Mon regard capte sans cesse les géo­mé­tries immo­biles du temps qui passe. Il se peut qu’un trou noir attaque en ce moment mon des­tin, il se peut qu’une étoile vienne illu­mi­ner ou embra­ser mon ciel.

Il se peut. Rien n’est acquis. Je laisse aller comme si je ne pou­vais être que poète sou­mis aux effluves de l’ignorance.

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