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Gestoir

Modifié le : 2019/08/06

Il neige, il pleut, l’hiver fait ce qu’il peut. Envi­ron­ne­ment Cana­da s’endort, les tem­pé­ra­tures vont et viennent et le ciel demeure sou­vent gris. Du froid sibé­rien de la semaine der­nière, il ne reste pas grand-chose. L’asphalte chuinte, les flo­cons perdent de leur blan­cheur avant même de mou­rir au sol.

Chez moi, c’est le grand bor­del. Comme j’ai dû entiè­re­ment vider une pièce pour la réno­va­tion, le caphar­naüm s’est intro­duit dans mon salon qui n’était déjà pas bien en ordre vu le semi ate­lier que j’y ai ins­tal­lé. J’ai reçu un équi­pe­ment pho­to tout neuf que je ne peux même pas débal­ler. Tout montre ici des signes de ges­ta­tion. J’ai l’impression d’avoir à pondre plu­sieurs œufs de suite et pas tous de la même gros­seur. À tout le moins, j’essaie de tenir le pou­lailler propre et je me lave tous les jours (je suis un bon gar­çon, mes parents m’ont bien éduqué).

Si l’on accepte l’affirmation que notre uni­vers exté­rieur reflète notre pay­sage inté­rieur, on s’étonnera que je puisse pla­cer une phrase devant l’autre. Ça ges­toit autour de moi. Tiens, j’aime bien ce nou­veau verbe : ges­toir (qui est en pro­ces­sus de ges­ta­tion). Je l’insère dans mon dic­tion­naire personnel.

Ma liber­té fuit entre mes doigts, au pro­fit de cet uni­vers non moins chao­tique qu’est l’Internet. Mon dic­tion­naire cor­rige pour moi mes fautes de frappe et insiste pour sou­li­gner ges­toir et ges­toit. Tant pis.

Je ges­tois.
Tu gestois.
Il gestoit.
Nous gestoyons.
Vous ges­toyez (non, dic­tion­naire, ce n’est pas festoyer).
Ils gestoient.

Ges­toit en moi une par­tie de toi. Ça ferait un bon titre de chanson.

J’ai oublié mon appa­reil pho­to ce matin. Je me sen­tais tout nu. J’aurais vou­lu pho­to­gra­phier un homme dans sa gué­rite. Le ferai demain.

Tout ges­toit en moi.

Classé dans :gestoirnéologisme

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