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Horloge lumineuse

Modifié le : 2019/07/14

Le soleil pose quo­ti­dien­ne­ment sa lumière sur moi, sur nous et sur vous. Mon regard se tourne for­cé­ment sur moi, sur nous, sur vous. L’existence est incroyable, la réa­li­té si pré­gnante, belle, impla­cable, lourde, sans concession.

Je ne com­prends pas toute cette vio­lence autour et en moi, comme si nous ne sup­por­tions pas la réa­li­té brû­lante qui nous brûle, bien sûr, les yeux. Les gens pré­fèrent-ils vrai­ment cette transe hyp­no­tique du quo­ti­dien ? Pous­ser un crayon, faire le ménage, et puis mourir ?

Ah, bien sûr, on peut faire l’amour, des enfants, on peut chan­ter, créer, amé­lio­rer le sort du monde, on peut conve­na­ble­ment vivre sa vie, comme tout mor­tel qui se res­pecte. Cela ne semble pour­tant pas être la norme. Pour­quoi tant de gens faillissent ? Pour­quoi tant de pleurs et de stress ? Pour­quoi les acco­lades dic­ta­to­riales des patrons, les sou­rires proxé­nètes des politiciens ?

Les belles inten­tions cachent, semble-t-il, l’intransigeante volon­té de la sur­vie des meilleurs, du virus à la bac­té­rie, de la bac­té­rie aux mul­tiples mani­fes­ta­tions du vivant, des espèces aux pla­nètes, des soleils aux galaxies, puis des constel­la­tions aux bouillon­ne­ments mul­ti­di­men­sion­nels, la course ne s’arrête pas. Nos choix, nos vic­toires et nos actes de petits singes n’émeuvent pas les étoiles. Que repré­sentent ce mou­ve­ment et les engre­nages de cette hor­loge labyrinthique ?

Et on arrange tout ça en croyant en un ou des dieux, une espé­rance ou des phi­lo­so­phies ? C’est un peu comme ce ménage qui ne se fait pas chez moi, cette exis­tence qui va un peu, beau­coup, poé­ti­que­ment à la dérive. Tout va bien, madame la Mar­quise. Pas­sons le balai, cachons la mort sous le tapis.

Le soleil est si bon sur mon visage.

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