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Il ira comme le vent, je l'espère

Modifié le : 2019/07/20

Il ira comme le vent, je l’espère, ce livre, ce FalaiseJ’ai ren­con­tré cet après-midi mon édi­trice, Annie Gou­let. Elle vou­lait me remettre le manus­crit révi­sé. Il y a d’innombrables petites cor­rec­tions, des petites choses qui ne sont, en réa­li­té, pour la plu­part, que les sub­tiles imper­fec­tions d’un texte maintes fois lu et remanié.

Le regard de l’autre est impor­tant, à cette étape, et je compte bien accep­ter l’une après l’autre les demandes de chan­ge­ment. Ce serait ma pré­ro­ga­tive d’auteur de refu­ser, de m’en tenir à mon seul souffle. Or, ce vent, ce souffle de mon esprit, n’est qu’une effluve par­mi tant d’autres. Je ne suis pas de ceux qui rechignent. L’effort a été don­né ; on ne fait que polir davan­tage l’argenterie avant de la pré­sen­ter à sa visite.

J’ai été ému par les pro­pos cha­leu­reux d’Annie. On la sent sin­cère, nour­rie par les mots. Elle dit aimer les per­son­nages, la manière dont j’ai pu les décrire, leur lais­ser le champ libre. Un même com­men­taire me fut fait, par une col­lègue de tra­vail, à pro­pos de L’Effet Casi­mir et des Années-rebours. « Je ne vou­lais pas finir tes romans, me dit-elle, je ne vou­lais pas quit­ter tes per­son­nages. » Un autre ami m’a dit éga­le­ment la même chose, dans ces mêmes termes, à pro­pos de Falaise qu’il a lu, il n’y a pas si longtemps.

Com­ment ne pas être heu­reux d’entendre cela ? J’ai le sen­ti­ment qu’on m’aime alors. Peut-être pas pour mon corps (any­way, ce n’est pas le but de ma par­lure), mais mon esprit en tout cas. C’est déjà une impo­sante et humble vic­toire dans ce monde d’insensibles.

Direc­tion jan­vier 2015 alors. Direc­tion les grands vents de février. Je me remets à la tâche, presque trois ans, soit le 22 octobre 2011, après la pre­mière fin d’écriture (puisqu’il y en a eu tout de même quelques-unes par après…). Cela m’a sem­blé si long, déjà pour l’écrire (ce roman fête ses onze années d’écriture chao­tique), déjà pour le sou­mettre et attendre, et encore cette attente de l’éditeur qui a pris son temps, lui aussi.

Mon pré­cé­dent édi­teur me le disait si sou­vent : rien ne sert de tirer sur une plante ; elle ne pous­se­ra pas plus vite. Il avait bien rai­son. Je reprends, pour ain­si dire, mon souffle. C’en est presque une litote.

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