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Immobile

Modifié le : 2019/07/29

Tou­jours dans cet œil de cyclone. Je sens certes le vent, j’entends aus­si la rumeur de l’agitation, mon quo­ti­dien est loin d’être calme, les fac­tures arrivent, les demandes pres­santes des clients sur­gissent, les répé­ti­tions de cho­rale, de chant, les exer­cices, les sou­pers, les midis, les matins, les amis à ren­con­trer, à voir pour la pre­mière fois, d’autres qui semblent gra­vi­ter main­te­nant un peu plus loin, la mère qui s’est fait opé­rer au genou qui se plaint que c’est plus dou­lou­reux que l’enfantement, les troubles étouf­fés de Syrie, les remous gran­dis­sants de Tuni­sie, la farce légis­la­tive en France autour du mariage, les morts aux Îles Salo­mons, la neige à Bos­ton, les Cana­diens décon­fits, la visite de sites de machines espres­sos juste parce que la mienne com­mence à me faire réel­le­ment suer. Petit bour­geois que je suis, petit endet­té frustré.

Et puis le silence durant un après-midi, avant de reve­nir à mon bureau pour créer une affiche pour une cho­rale. Aujourd’hui, le même cirque, une revue de biblio­thé­caires à mon­ter, les mêmes heures, la même erre d’aller.

Ce matin, le silence res­semble à celui d’hier même si j’entends en plus le bouillon­ne­ment de l’humidificateur, la cir­cu­la­tion auto­mo­bile, irré­gu­lière et pares­seuse comme il se doit pour un dimanche matin. J’entends aus­si le désordre de mon bureau, fidèle miroir de ce qui encombre mon esprit.

Le reste n’est que de la lit­té­ra­ture écrite d’une main inquiète et obstinée.

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