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J'avance

Modifié le : 2019/07/30

J’avance, certes. J’en suis moins cer­tain lorsqu’arrive la nuit et que je m’astreins à me cou­cher. Si je ferme trop vite les yeux, mon corps et mon cœur se dis­putent les der­niers ins­tants de conscience. J’ai sans doute trop man­gé ce soir et l’estomac com­mence déjà à faire des siennes. Je ne veux pas me plaindre, il n’y a aucune rai­son. Nous ne sommes, disent les boud­dhistes, que ce que nous pen­sons. Et ces pen­sées s’incarnent en actions et en circonstances.

Tout cela pour dire que je n’avance, fina­le­ment, qu’à tâtons, sans y pen­ser, juste à le faire. Mon silence vaut sans doute davan­tage que tout l’or de mes attentes. J’agis, je ferme les yeux, je plonge. Rien ne se passe tout de suite, comme si mes actes étaient des semences prêtes à bon­dir vers le ciel, et pour­tant rete­nues par une inter­mi­nable sai­son froide. J’avance et conti­nue à tendre l’oreille.

D’un côté, le tra­vail semble reprendre, d’un autre, les dettes s’accumulent. Côté cour, un ami rédac­teur m’offre de revoir Les Mailles san­guines. Côté jar­din, l’éditeur mys­tère, dont je ne peux dévoi­ler le nom, ne donne pas signe de vie. J’aurai sans doute à prendre des déci­sions tôt ou tard, mais ce n’est pas encore le moment, pas la sai­son. Quand il y aura prin­temps, je juge­rai de la terre et du jardin.

Entre­temps, j’avance, vis. Comme une mélo­die qu’il faut maîtriser.

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