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Je suis un Occidental

Modifié le : 2019/07/21

La musique est envoû­tante, semble pro­ve­nir d’une sagesse par­fai­te­ment ajus­tée aux canons esthé­tiques de l’Occident riche et dés­œu­vré. Les images, déli­cieu­se­ment agen­cées, nous pro­mettent le mys­tère, la folie, la décou­verte et sur­tout le repos pour nos âmes effilochées.

Cette publi­ci­té relève du grand men­songe qu’est la séduc­tion. Le Kera­la ne vit pas ain­si. Encore hier, je regar­dais un repor­tage de Faut pas rêver (TV5) sur la région. Certes, il y a tout ça, ce mys­ti­cisme, cette reli­gion dans chaque geste, cette impor­tance du che­veu que l’on coupe en sacri­fice à je ne sais plus quel dieu bien­fai­sant, che­veu qui, par la suite, est trai­té à l’arrière des temples et reven­du, à prix fort, aux femmes blanches d’Europe ou aux jaunes des autres contrées. Car, la moder­ni­té a assé­ché le che­veu natu­rel et seules les femmes du Kera­la pos­sèdent encore une cri­nière intacte. C’est, après tout, la terre de Dieu.

Dans ce pays, d’après ce repor­tage, on est heu­reux de don­ner, peu importe si des vau­tours mar­chandent votre chair, pour­vu que le geste ami­cal que l’on fait envers le Dieu nous apporte le bonheur.

Il s’agit donc tou­jours d’équilibre. Cha­cun est heu­reux s’il atteint la juste posi­tion, la pres­tance vou­lue face au néant. Cha­cun fait son nid, se livre corps et âme à son des­tin. Tant mieux si les ruis­seaux célestes coulent vers nos veines, tant mieux si notre dis­ci­pline d’exis­ter nous trans­porte dans un rêve éter­nel et intangible.

Je suis, moi aus­si, un être reli­gieux, je pos­sède mes propres rituels, mes ten­ta­tions de croyance. J’aimerais être cette dame dans cette vidéo, j’aimerais être au Kerala.

Je suis un Occidental.

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