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La discipline de Narcisse

Modifié le : 2019/07/13

Ce que tu cherches te cherche. L’affirmation a été lue sur Face­book, l’inépuisable lac où se mirent les temps modernes. Plu­sieurs véri­tés se super­posent ici. Nous cher­chons, nous nous cher­chons, nous espé­rons être trou­vés pour pou­voir nous retrou­ver enfin, comme si le voyage inté­rieur devait obli­ga­toi­re­ment pas­ser par l’autre.

Je me suis posé la ques­tion. Qu’est-ce que je cherche ? Un second moi ? Un lac ? Que trou­ve­rai-je ? Que suis-je cen­sé décou­vrir ? Notre route ne pour­fend-elle pas un pay­sage plon­gé dans le noir et l’ignorance ?

Il y a si peu de cer­ti­tudes. Tout se réin­vente au moment où on y pose son regard. Voi­là pour­quoi l’autre est si impor­tant, voi­là ain­si que se déploie l’aube sans cesse renou­ve­lée de la connais­sance. Tes yeux sont mon miroir, mes yeux t’empêchent de per­cer ma pro­fon­deur et te ren­voient à la tienne. Quand nous nous tou­chons, nous devons fer­mer les yeux et nous taire, quand nous par­lons, nous devons ces­ser de nous tou­cher et accou­rir aux oreilles cher­chant anxieu­se­ment une drogue pour assou­vir, s’amourer ou s’amourir d’une étincelle.

L’autre bien sûr, celui de qui, depuis quelques mil­lé­naires, nous pui­sons nos envies, adres­sons-lui nous prières. L’autre, Dieu, la Mort, Shi­va, Nata­ra­ja. Prions vers là où nous retour­ne­rons après avoir dan­sé, chan­té, joui son nom dans les bras de lucioles, de pâles copies tout aus­si reli­gieuses que nous, tout aus­si dis­ci­pli­nées ou entê­tées à recréer le visage de notre étonnement.

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