altPicture1983128367

La fragilité de la fin

Modifié le : 2019/08/08

J’ai accom­pli ce que je m’é­tais impo­sé il y a deux mois, soit relire et recom­po­ser la tota­li­té de mon roman… avant de m’at­ta­quer au der­nier cha­pitre. La fin est depuis long­temps pen­sée et repen­sée. Il me fal­lait tout de même refaire le tour du jar­din pour avoir en tête tous les élé­ments ras­sem­bleurs. Je sais qu’en écri­vant cette fin, elle pour­rait encore me sur­prendre même si elle repose depuis si long­temps dans ma tête. Elle y rési­dait déjà, presque à son début, y est née lors de l’an­crage néces­saire de l’his­toire. Sans une fin, point de direc­tion pos­sible, point de ras­sem­ble­ment plus ou moins chao­tique des scènes.

J’ac­corde autant d’im­por­tance à la fin qu’au début et cri­tique d’em­blée les auteurs qui semblent mettre tout le paquet dans le com­men­ce­ment et n’ont pas beau­coup d’in­té­rêt ou d’éner­gie pour ame­ner leur his­toire jus­qu’à la fin.

Je n’af­firme pas y avoir réus­si tout le temps. Cre­ver mon fils est sans doute mon texte le plus mal­ha­bile à ce niveau. Je ne sais pas si j’ai réus­si pour les autres. J’es­saie de ne pas me relire, pro­ba­ble­ment par peur de consta­ter que je redis tou­jours la même chose !

Les Mailles san­guines pos­sède 80 petites fins, à la conclu­sion de cha­cune des scènes. Le texte ne fait pas d’es­clandre, il est en ce sens aus­si tran­quille que L’Ef­fet Casi­mir, y emprunte aus­si plu­sieurs tech­niques, voire des idées de per­son­nage. On pour­ra faire le rap­pro­che­ment, par exemple, entre le per­son­nage de Rose et de Lucienne, celui de Diane qui a per­du son mari artiste et le per­son­nage de Marthe que le com­pa­gnon artiste a quit­tée. On pour­ra éga­le­ment décou­vrir les simi­li­tudes dans le concept des voyages comme exu­toires (ce qui, en soi, n’est vrai­ment pas original).

Cette fin, main­te­nant, je dois la com­po­ser pour Les Mailles san­guines. C’est un moment fra­gile, le der­nier regard que por­te­ra le lec­teur sur le texte, celui avec lequel il ou elle juge­ra du reste. Je ne veux pas les déce­voir, je veux leur lais­ser un souffle chaud dans la tête, car, pour para­phra­ser fin des Années-rebours, à défaut de tout com­prendre, sub­sistent le luxe et le délice de vou­loir recommencer.

#1a3958
#1a3958