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Photo : rawpixel.com chez Pexels

La goutte d'eau qui ne voulait pas se dissoudre

Qu’est-ce que la vie ? Il est des pen­seurs pour cogi­ter inlas­sa­ble­ment cette ques­tion, tel Karl Fris­ton (qui a mon âge, mais qui pos­sède un indice h, vrai­ment, mais vrai­ment supé­rieur au mien… En fait, mon indice de Hirsch est nul!)

Si j’ai bien com­pris, ce qui est vivant est ce qui s’organise. Par exemple, une goutte colo­rée tom­bant dans un volume liquide tend à se dis­per­ser. Si, par miracle, nous obser­vions que cette goutte, com­men­çait à se contrac­ter, puis se détendre, puis se contrac­ter de nou­veau, nous serions cer­tains qu’un méca­nisme struc­tu­rant est en place ou en devenir.

L’être vivant déteste les sur­prises, le chaos. Il com­bat la déchéance pour­tant iné­luc­table des choses et des êtres. Il résiste à l’entropie en créant para­doxa­le­ment la sienne.

Ain­si, chaque enti­té vivante se com­pose d’une série de coquilles, de modules inter­dé­pen­dants (ou cou­ver­tures de Mar­kov) https://fr.wikipedia.org/wiki/Couverture_de_Markov, pos­si­ble­ment mesu­rables. Le cer­veau fonc­tion­ne­rait donc de la même façon. Il se crée des inter­pré­ta­tions ou mesures du monde et puisqu’il est le fruit même de ce monde, il en serait l’interprétation. Cette idée remonte à long­temps.

Cela me rap­pelle aus­si cette lec­ture de jeu­nesse qui m’avait gran­de­ment ins­pi­ré, The Crack in the Cos­mic Egg : New Constructs of Mind and Rea­li­ty dans lequel l’auteur traite entre autres d’homéostasie, du « désir » d’organiser le monde, de le sta­bi­li­ser (le défi étant de bri­ser cette coquille pour atteindre d’autres com­pré­hen­sions et stabilités). 

Fris­ton dit un peu la même chose, il me semble, avec ce que je com­prends de son éner­gie libre que l’entité vivante tente d’organiser afin d’éviter les sur­prises. Ce prin­cipe peut s’appliquer aux troubles de la per­son­na­li­té, aux sou­bre­sauts de la pen­sée que sont tout autant la schi­zo­phré­nie que la dépres­sion. Devant la sen­sa­tion d’une perte de contrôle, l’esprit trouve refuge dans la pre­mière caverne venue. La plu­part d’entre nous font face à ces tur­bu­lences avec plus ou moins de bon­heur, les romans sont jon­chés de ces his­toires com­pli­quées d’individus qui tentent de se sor­tir de la noyade. Pour d’autres, le com­bat est plus dif­fi­cile. La bataille se gagne en la per­dant. Alcool, sui­cide, perte de rai­son, trem­ble­ments, fièvre, maladie.

Les sha­mans et les prêtres en ont d’ailleurs tirés leurs conclu­sions, les neu­ro­logues la leur et Boud­dha nous aurait ensei­gné un moyen de sur­vo­ler cet imbroglio.

Main­te­nant, l’intelligence arti­fi­cielle semble vou­loir adop­ter ces mêmes méca­nismes d’autorégulation. Pas éton­nant puisqu’elle est le fruit de l’esprit humain qui cherche tou­jours à mesu­rer et com­prendre le monde. Le prin­cipe der­rière ce tra­vail s’intitule l’active infe­rence qui, en anglais, pos­sède le même acro­nyme que l’AI…

Où toute cette volon­té d’ordre nous mène­ra ? Ça, mon frère, ma sœur, nous serons déjà morts avant d’en voir la fin.

Commentaires

  • itasiathegh

    itasiathegh 2020/12/20 07:39 0

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