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La poésie intérieure

Modifié le : 2019/08/06

Les gens vivent leur hiver. Le pre­mier grand souffle est pas­sé et a lais­sé neige, pluie ver­gla­çante, enfin, un grand froid qui a lavé le ciel pen­dant deux jours. J’ai vécu en par­tie ces remous sai­son­niers cloué au lit, pour ensuite me rele­ver et tra­vailler dans la mai­son. J’ai eu beau­coup de dif­fi­cul­té à m’endormir ces der­niers jours, tant à cause du rhume que pour des rai­sons bénignes et diverses. Pen­dant deux nuits, les dénei­geurs de la Ville ont pris, me semble-t-il, une éter­ni­té à racler devant ma porte, pré­cé­dés des klaxons mili­taires des remor­queurs aver­tis­sant les auto­mo­bi­listes récal­ci­trants de déguer­pir avant d’être remorqués.

Ce matin, tout de même, le soleil, un froid bien ser­ré, vivi­fiant comme de l’alcool. J’ai sor­ti les pou­belles et les sacs de détri­tus pro­ve­nant de mes tra­vaux. Puis j’ai fait le tour du quar­tier, le temps de remar­quer le soleil, la fumée ner­veuse des che­mi­nées, de pres­ser le pas pour reve­nir à la mai­son, de remettre mes vête­ments d’intérieur, de tas­ser les oreillers de mon lit, de m’asseoir et de sai­sir l’ordinateur por­ta­tif et, en écri­vant, sen­tir l’appel du sommeil.

Je dor­mi­rais encore mais tout appelle au tra­vail, à la red­di­tion des tâches et des comptes. Je me pro­mets de me remettre à la pra­tique du yoga, car, en ce moment, les yeux fer­més et les doigts vole­tant sur le cla­vier, la tête appuyée contre le mur, je pres­sens des uni­vers paral­lèles dont l’air, mu par des par­fums inodores, gonfle mes pou­mons d’une fru­gale sagesse.

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