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La scie cosmique

Modifié le : 2019/07/18

Long week-end qui m’aura per­mis d’un peu me repo­ser, du moins faire autre chose. Voi­là main­te­nant un mois que je tra­vaille sur la der­nière pièce de la mai­son qui n’avait pas encore été réno­vée. Ce n’est pas tant que j’en ai les moyens, mais il s’agit là d’une néces­si­té. Cette grande pièce qu’est le salon dit double et dont j’ai défait la sépa­ra­tion inutile, élar­gi les ouver­tures, était encore, jusqu’à tout récem­ment, un véri­table pla­card géant.

Je suis long du décor final, mais les choses s’ordonnent. Je jette, je classe. Une pièce se vide qu’une autre se rem­plit pour pou­voir en tra­vailler une autre. Cela res­semble à ma vie en ce moment. Tout est en pro­jet. C’est peut-être ain­si que seront tou­jours construits mes jours, car les chan­tiers sont nom­breux en com­men­çant par ce roman qui ren­contre des écueils sur­pre­nants, mais qui avance tout de même. Il fini­ra peut-être par voir le jour et, me dit-on, sa paru­tion est pré­vue pour jan­vier ou février 2015. Je ne suis pas encore cer­tain qu’il faille m’en réjouir. Les doutes n’en ont pas ter­mi­né avec moi. Je m’en remets aux grandes forces qui me dépassent. L’autre chan­tier est certes cet appar­te­ment. Puis le réta­blis­se­ment de mes finances, puis le véri­table ancrage à mon tra­vail, puis je ne sais trop quoi.

Il y a éga­le­ment ce cours de chant qui me donne autant de satis­fac­tions que de frus­tra­tions. Ma voix s’élève, mais est-ce le pré­sage de l’hiver et des com­pli­ca­tions de toutes sortes ailleurs dans ma vie qui me font là aus­si dou­ter ? Ne suis-je pas trop vieux et trop pauvre pour me payer des cours de jeune pre­mier ? Comme peut-être l’était ma grand-mère Ger­maine, je suis un angois­sé de nature ?

T’as besoin juste de grosses vacances, me susurre la voix tran­quille de ma rai­son. Et c’est bien là le pro­blème, cette rai­son a rai­son. Je ne vois pas com­ment je pour­rais faire. Pas d’argent et il me faut bien sur­vivre, tenir à flot ce qui coule tout de même un peu.

Alors je conti­nue mes tra­vaux. Ain­si déga­ger ce double salon me pousse à vou­loir rêver refaire de la pho­to. Il n’en fal­lait pas plus pour que le des­tin m’envoie un bon signal. Un ami, que je n’ai pas vu depuis long­temps, fête­ra bien­tôt ses 50 ans. Il m’a contac­té sur Face­book car il aime­rait que je lui tire por­traits. Il n’en faut pas plus pour que je me tape quelques vidéos sur Craftsy…

Je suis fait comme ça, tou­jours sur une patte, à dan­ser un menuet éner­vé. La scie cos­mique fait le reste, les gestes que je pose des­sinent par eux-mêmes l’architecture de ce que seront faits mes pro­chains jours, mois. Des gens, venus du pas­sé, me contactent, d’autres, pas encore dans mon pré­sent, se font une place. Rien ne se perd et rien ne se crée, dit-on. Je suis donc en pleine répé­ti­tion aveugle, et je rêve de grands horizons.

Qui vivra verra.

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