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La spirale

Modifié le : 2019/07/20

Avoir le sen­ti­ment que la vie s’est arrê­tée de battre, que tout conti­nue de se mou­voir autour de soi, mais ne pas savoir quelle direc­tion le vent a choi­si d’emprunter. La pen­sée se heurte constam­ment à l’un de ses quatre murs, ne sachant dési­rer, conclure ou pala­brer. Le corps, quant à lui, montre des signes mar­qués de fatigue.

Quoi doit-on faire pour com­prendre son exis­tence ? On veut évi­ter de tour­ner en rond, mais ce qui en résulte est une danse plus ou moins car­rée et sans élé­gance. Notre époque semble ain­si construite, vouée à répé­ter les gestes, les erreurs et les sagesses pas­sées sans qu’aucune conclu­sion ne vienne frei­ner ses élans. Naïfs, nous sommes. On ne peut que l’être. Nous sommes ain­si pri­son­niers d’un engre­nage eupho­rique et amer. Nous vou­lons avan­cer, et nous avan­çons, certes. Mais au détour, on reprend pas­sa­ble­ment le même sen­tier. On se cogne aux parois frac­tales de nos hasards. Et nous res­tons englués dans nos ignorances.

Nous sommes aus­si comme ces pla­nètes qui gra­vitent autour d’un soleil lui même en mou­ve­ment. Leurs traî­nées de pous­sières res­semblent à un ADN que nos cel­lules ont déjà vite fait d’imiter. Nous bou­geons, nous allons quelque part dans le sens du soleil dans sa galaxie, dans la même course de ces étoiles qui s’éloignent, peu­reuses, de ce centre noir et dictateur.

Mon petit ennui, mes friables angoisses sont des échos de grands bing-bangs et j’ai par­fois peur de ne plus rien com­prendre du peu de ce que j’avais com­men­cé à construire ayant le sen­ti­ment de ne rien inven­ter, de ne rien créer. Tout s’équilibre, non ? Rien ne se perd ?

La réponse est-elle dans le silence ? Cela ne me satis­fait pas de pen­ser ain­si. Voi­là pour­quoi je me cogne encore obs­ti­né­ment à la porte de vos pen­sées. Car je déteste être seul dans cette tour­mente enivrante et vertigineuse.

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