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La zone d'inconfort

Modifié le : 2019/08/04

Il y a quelques jours, j’ai mis en ligne, sur Face­book, une gen­tillette illus­tra­tion qui mon­trait deux cercles. Dans le pre­mier, plus petit que l’autre, on pou­vait y lire « Votre zone de confort ». Dans le second, « Là où la magie survient ».

Un artiste accep­te­ra tout de suite cette affir­ma­tion, même si elle est incom­plète et injuste. Vraie, parce que pour décou­vrir, il faut faire ses bagages, quit­ter le navire pour en prendre un autre. Injuste, car il n’est pas néces­saire de refaire le monde chaque fois qu’on tra­verse une rivière. Vraie pour­tant, car même dans le confort où notre vie nous ins­talle, que ce soit dans l’insuccès, la réa­li­sa­tion, la misère ou la richesse, si on ne fait que jouir de la vie, on finit par s’épaissir et deve­nir, sans qu’on s’en aper­çoive, un vieux con.

Le sujet est vaste. L’artiste juge­ra rapi­de­ment la « per­sonne ordi­naire » tan­dis que lui-même risque de croire que là où il est ren­du, la magie opère effec­ti­ve­ment alors qu’il se trouve dans une zone dan­ge­reuse où l’errance, voire la folie, la déca­dence, le menace plus qu’il ne le nourrit.

On peut mener une vie tran­quille et prendre quelques minutes de son temps pour se taire, res­pi­rer d’aise et ten­ter de voir la vie autre­ment. On doit sur­tout com­prendre que les crises que nous tra­ver­sons, les malaises que nous res­sen­tons, les déprimes qui nous sub­mergent, sont autant d’appels à répa­rer sa cha­loupe ou en choi­sir une autre. Au final, si on ose, on res­te­ra à flot.

Ne pas craindre et lais­ser vivre, lais­ser mou­rir. S’obliger aus­si à la déter­mi­na­tion, à la dis­ci­pline, faire face à ses démons, ne pas les juger, et sur­tout jouir de l’existence.

Cela est facile, et dan­ge­reux à pré­tendre. Mais cela vaut tout de même la peine d’essayer.

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