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L'alchimie des ailes

Modifié le : 2019/08/04

Il y a des idées, des sons, des images, un ver­tige qui ne demandent qu’à vivre. Ils bouillonnent, piaffent, se montrent impo­lis. Ma tête est bruyante.

Il y a quelques jours, durant cette semaine où je n’ai ces­sé de tra­vailler, urgence d’un client oblige, je me suis attar­dé sur un repor­tage trai­tant des papillons. Longue pause ailée dans mon esprit. Cet insecte fas­cine d’autant qu’il est mena­cé dans plu­sieurs régions de cette pla­nète que l’on saigne à qui mieux mieux. Sym­bole pré­fé­ré des femmes qui se le font tatouer volon­tiers afin de mar­quer une étape de trans­for­ma­tion majeure de leur vie, car elles aiment les papillons, pas tant pour la déli­ca­tesse de leurs ailes que pour ce qu’ils représentent.

Pour se trans­for­mer, la che­nille s’enferme, devient, dans son cocon, une véri­table soupe. Il ne reste plus rien d’elle, qu’un mag­ma de cel­lules vibrantes et qui, par l’ordonnancement mili­taire de leur des­ti­née, se refondent en un être prêt à s’envoler. Phoe­nix dis­cret, le papillon n’en par­court par­fois pas moins des mil­liers de kilo­mètres pour suivre sa nour­ri­ture ou se reproduire.

Quand j’observe, par l’œil des repor­tages, autant la beau­té du monde que les actes vomis par l’humanité contre lui, quand je conclus que tout cela fait par­tie de ce que l’univers mijote, puisqu’il laisse faire pour le moment, quand je jette un regard sur ce qui m’entoure, que tout paraît si calme, en place, et pour­tant si incom­pré­hen­sible, quand mon oreille se tend, aux aguets, et qu’aucun dieu ne vient prendre la parole, je me dis qu’il se pas­se­ra sûre­ment quelque chose. À moins que ce ne soit, tout compte fait, que mon altière ima­gi­na­tion qui se prend pour Cas­sandre ou Napoléon.

Il y a des idées, des sons, des images, un ver­tige en vol­can. Je bouillonne, piaffe, reste poli. Ma tête est bruyante, la caverne de mes pen­sées est vaste. Suis-je une che­nille ? Suis-je en alchimie ?

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