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L'anticouleur

Modifié le : 2019/07/13

La lumière de l’automne n’a pas lieu en ce moment. Il s’agit bien là d’une chro­nique annon­cée. On sort un vête­ment plus chaud, si pos­sible imper­méable. On se pro­tège davan­tage des bour­rasques. Le rhume est si facile à attra­per. Le matin est noir, la fin de la jour­née est presque aus­si fon­cée et on arrive à la mai­son avec l’impression qu’il est temps d’aller au lit. On tire­ra bien sur les fuseaux horaires pour se redon­ner un peu de lumière. Il fera bien soleil durant la semaine et il y aura aus­si beau­coup d’averses, de luttes, de mélanges. Il vaut mieux tout de même s’y faire, comme on s’y fait tou­jours. Dans un mois l’hiver.

Ma sai­son, ma vie, elle, demeure engon­cée dans un brouillard. J’ai mes soleils, mes êtres chers, et j’ai mes jours gris ou neutres. Je m’y fais, moi aus­si, à mon hiver ; j’aspire échap­per à ces sai­sons de l’esprit qui ne font qu’étourdir sans pour autant savoir où la barque navigue. Je regarde le ciel voi­lé, remonte le col de mon man­teau. J’ai tous ces mots, ces feuilles mortes et vivantes, que j’abandonne à la pluie. Mon cer­veau est un arbre patient. Bien­tôt l’hiver. Peut-être l’âme est une ardoise et la vie une réin­car­na­tion. Je n’en sau­rai jamais fou­tre­ment rien tout comme je ne sau­rai jamais comp­ter les étoiles de la galaxie.

Et j’ai quand même ce plai­sir à écrire sur ce tableau absurde.

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