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L'archer

Modifié le : 2019/07/27

Écrire et chan­ter, chan­ter ou écrire. Cela revient du pareil au même pour moi. Je révise les Mailles san­guines, j’apprends un nou­vel air. Dans les deux cas, cela me demande d’être minu­tieux, intense. Mon pro­fes­seur n’a de cesse de me rap­pe­ler que, chan­ter, ce n’est pas autre chose que de lais­ser aller le souffle, non pas mol­le­ment, mais avec l’attitude de l’archer qui, lorsque les condi­tions sont réunies, libère la corde. L’explosion se pro­duit, le son ennoie la réalité.

L’objectif est sem­blable quand il s’agit d’écrire et, par défor­ma­tion ou imi­ta­tion pro­fes­sion­nelle, j’ai le sen­ti­ment que je suis constam­ment à tendre cette corde, à vou­loir réunir toutes les condi­tions pour déco­cher, mots, caresses, sentiments.

Il s’agit là d’un exer­cice labo­rieux et périlleux. Si vous vous deman­dez pour­quoi cer­tains artistes deviennent fous, c’est qu’ils sont, comme ces fra­giles de l’esprit, ten­dus, prêts à l’envol. Par­fois l’arc se brise à trop vou­loir pro­pul­ser l’ego.

Nous ne sommes jamais assez humbles. Nous ne sommes jamais assez culot­tés. L’ivresse ne peut se vivre que sur la corde raide de l’aventure.

Mais, on sera d’accord, reste à défi­nir tout ça. Méchant céré­bral émo­tif que je suis.

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