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Le chaudron

Notre cer­veau pos­sède deux antennes. L’une, tels des fila­ments de méduse, capte les humeurs de la houle et des marées. L’autre, plus jeune, cherche le dan­ger et pré­pare le com­bat, ou invente une théo­rie quan­tique sus­cep­tible de nous ren­ver­ser d’étonnement dans les bras d’une sirène mas­cu­line enivrée. Le cycle semble per­pé­tuel. Le cer­veau droit capte tout, accepte tout. Le cer­veau gauche joue au scribe, tente de trans­crire sur des tablettes qu’il veut de marbre des cer­ti­tudes qui le rap­pro­che­ront de la connais­sance ultime.

Ain­si vont les neu­rones, se par­ta­geant la conscience comme d’autres s’échangent des bai­sers. Où se situe la réa­li­té ? Chez moi, chez vous, ailleurs ? Vous me répon­drez qu’elle doit bien exis­ter quelque part puisque vous pre­nez acte de ce que je vous écris à l’aide de choses qui vous appar­tiennent, votre télé­phone et votre peau.

La réa­li­té existe puisque vous avez enfan­té, vous avez aimé, haï, vous avez accu­mu­lé une for­tune ou des dettes. Vous souf­frez éga­le­ment, votre ten­sion est trop haute, votre corps s’autodétruit et, lorsque vous mour­rez, il y aura peu ou prou des gens pour vous pleu­rer, rou­ler votre sou­ve­nir vers la ter­mi­tière de l’oubli.

Cette réa­li­té existe dans toutes nos cer­velles réunies par une impal­pable com­mu­nau­té de pen­sée. Or, trop d’expériences nous font com­prendre qu’il s’agit là de construc­tions qui plus sou­vent qu’on le croit se trompent, même si cela nous aide. Des gens ayant eu le cer­veau gauche para­ly­sé ont expé­ri­men­té une com­pré­hen­sion et un bon­heur que seul l’enfant cer­veau droit pou­vait signa­ler. Le pre­mier opère à la dopa­mine, le second à la séro­to­nine. Les schi­zo­phrènes qui s’inventent des réa­li­tés ont, paraît-il, un cer­veau gauche sur­ac­tif, qui cherche à com­prendre, à mesu­rer, à expliquer.

Quant au cer­veau droit, bai­gnant dans sa séro­to­nine, il per­çoit les grands com­man­de­ments d’univers et de dieux invi­sibles. Chez une per­sonne nor­male, le dia­logue entre ces deux cer­velles la guide dans son petit bon­homme de che­min d’existence. Les ana­ly­tiques du cer­veau gauche pondent des livres savants et des règle­ments. Les fous du cer­veau droit se contentent d’indiscipline et de hasard. Qu’on ne croit pas cepen­dant que ces der­niers soient néces­sai­re­ment plus artistes et moins savant que les pre­miers et que ces pre­miers n’aient pas conscience de l’insondable.

L’impalpable quête n’étonnera per­sonne, la mesure de ce que nous com­pre­nons est éga­le­ment la recon­nais­sance de ce que nous igno­rons, de ce que nous ne pou­vons cap­ter ou com­prendre. La mani­fes­ta­tion même de cette conscience qui nous habite est un miracle natu­rel for­gé dans le chau­dron des fusions cosmiques.

À quoi pense l’univers en ce moment ? Que sont les rêves chez nos voi­sins d’Alpha du Centaure ?

Une lec­ture pour vous : No self, no problem

altPicture1653930895altPicture1883643599altPicture1964244955

Commentaires

  • creeriTafqO

    creeriTafqO 2020/12/19 09:46 0

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