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Le paradoxe du souvenir

Notre capa­ci­té à nous sou­ve­nir est une occa­sion de reprendre contact avec l’es­sen­tiel et, dans la fou­lée, nous oblige à net­toyer la chambre de nos mémoires d’é­mo­tions pous­sié­reuses qui nous font mal vieillir.

Les rituels, les pho­to­gra­phies, les ren­contres existent non pas pour nous figer dans le temps, mais pour nous rap­pe­ler de vivre, de recom­men­cer et de pour­suivre la route. Les décou­vertes sont nom­breuses, ne valent pas toutes de reve­nir au seuil de la conscience, mais de cela, seul le constant miroir du temps peut nous aider à les chas­ser de notre vision.

C’est un para­doxal phé­no­mène que de devoir se mirer dans le pas­sé afin de pou­voir s’en éloi­gner. Et, de nos jours, la tâche est dan­tesque, mal­ha­bile à nous pro­té­ger d’une infor­ma­tion mis­sile, qu’une horde de dic­ta­teurs de l’or­di­naire s’é­ver­tuent à nous bombarder.

Pas éton­nant qu’on se fatigue à com­prendre, qu’on devienne sourd, qu’on se lasse du plus évident, qu’on ne se m’é­veuve plus que pour des ombres maintes fois revisitées.

Ne pas oublier qu’on oublie. Revivre pour mieux mou­rir, heu­reux de savoir se racon­ter des his­toires, l’é­mo­tion fata­le­ment atti­rée par le miel de l’é­ton­nante mémoire qui nous gouverne.

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