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Le rasoir et l'amour

Modifié le : 2019/07/14

On fait tant de choses par et pour l’amour. Ce coeur qui pos­sède sa rai­son et cette rai­son qui écoute aux murs de son corps… Les plus récents mou­ve­ments tec­to­niques de mon coeur, le constant brouillard dans lequel se meuvent mes secrets, la lente dérive de mon exis­tence, j’enregistre les faits, tente de relier les bouts de ficelles sans pour autant réus­sir là, des nœuds, ici des alliances.

Je reli­sais, ce matin, sur le rasoir d’Ockham, un prin­cipe plus vieux que la Terre des Hommes, par lequel il est dit que, si des choses s’expliquent et se prouvent sim­ple­ment, c’est que, for­cé­ment, la véri­té se trouve à cet endroit plu­tôt que dans les construc­tions alambiquées.

Une expli­ca­tion sim­pliste n’est pas une preuve. Il ne suf­fit pas de dire que Dieu existe pour expli­quer le monde. Il faut le prou­ver et, géné­ra­le­ment, on réus­sit à expli­quer le monde sans prou­ver l’existence de Dieu. Il en va ain­si de l’amour et des autres sen­ti­ments. Il ne suf­fit pas de dire je t’aime pour prou­ver son amour. La preuve pro­vient plu­tôt de l’accomplissement, des gestes, de l’incarnation ou, plus froi­de­ment, l’amour s’explique par des mou­ve­ments hor­mo­naux com­plexes en appa­rence, nour­ris par la volon­té méca­nique des gènes qui ne cherchent qu’à se reproduire.

Mais encore… cet enfant de Bohème n’a pas à prou­ver quoi que ce soit. Le pour­quoi de l’amour ou de Dieu n’est pas réso­lu pour autant.

Notre Dieu est l’Amour. En sa pré­sence, on ferme les yeux, on s’agenouille, on s’aveugle ou on le refuse, on dur­cit son coeur pour des rai­sons en forme de laby­rinthes ou de jar­din anglais. Notre Dieu est la Vie, c’est déjà une grande sagesse, je crois, de ne se dire que cela.

Pour le reste, inchal­lah, que le rasoir sim­pli­fie toute chose.

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