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Le rythme

Modifié le : 2019/08/06

Il y a quelques semaines, des cher­cheurs mathé­ma­ti­ciens auraient décou­vert la nature frac­tale des com­po­si­tions musi­cales. Ain­si, ont-ils pu iden­ti­fier la signa­ture mathé­ma­tique des œuvres de Mozart, Liszt, Vival­di. Les vaches, dans les étables, ne s’y trompent pas, aiment beau­coup Mozart pour ça… Est frac­tal ce qui se frac­tionne et se répète à l’identique à l’infini. Vous regar­dez un arbre, vous en admi­rez les ramures et sous leur géo­mé­trie en appa­rence chao­tique se terre une struc­ture que vous retrou­ve­rez vrai­sem­bla­ble­ment dans la den­te­lure des feuilles. La somme est plus que toutes les par­ties. Cette par­ti­cu­la­ri­té frac­tale des phé­no­mènes natu­rels se retrace en tout et cette décou­verte a pu aider les ani­ma­teurs à créer des effets spé­ciaux que l’on consi­dère encore magiques. Il suf­fit de vision­ner les des­sins ani­més des dix der­nières années pour se rendre compte de la puis­sance acquise par la décou­verte des frac­tales. On en arrive à créer l’illusion de l’eau chao­tique de l’océan, la légè­re­té et le fré­mis­se­ment des poils sur la peau.

La nature est rythme, struc­ture aléa­toire, oxy­mo­ron qua­si par­fait. Le grain de sable est libre, et pour­tant, il forme inlas­sa­ble­ment le même type de dunes. Les four­mis vont et viennent, étour­dies, et pour­tant, toutes ensembles, créent des ponts, érigent des mon­tagnes. Je ne serais pas éton­né d’apprendre que, même si, au niveau quan­tique, les règles habi­tuelles ne sont que des rêves, on trou­ve­ra, un jour, un rou­le­ment de tam-tam, un boson nou­veau genre, dyna­mi­sant les galaxies entières de sa course folle et écla­tée. Ce sera peut-être Dieu que l’on pour­ra emma­ga­si­ner sur des disques durs aléatoires.

Il y a cin­quante-trois ans, j’ouvrais la bouche pour la pre­mière fois afin de man­ger avi­de­ment l’air. Si je res­semble à tout le monde, je ne res­semble pas non plus à per­sonne. Si mon des­tin n’est pas tra­cé dans le ciel, sa cou­leur n’en des­sine pas moins cha­cun de mes gestes.

Se connaître, se rendre compte de ce qui nous anime, s’apercevoir que, der­rière les miroirs de nos pen­sées vole­tant vers tous les hori­zons, il y a un essieu bien droit qui dirige le carrousel.

Depuis cin­quante-trois ans, le Soleil revient chaque année, à des heures et des secondes dif­fé­rentes, au même « endroit » qu’à ma nais­sance. Nous ne sommes pas des manèges, mais des spi­rales d’ADN qui épousent une plus vaste rota­tion galactique.

Parce qu’il en prend conscience, le sage régit son étoile, les autres, les igno­rants, la subissent. La Terre tourne ain­si, avec ses habi­tants qui, aveugles, croient que tout est ins­crit dans le ciel. Ces bibles ne sont que des approxi­ma­tions, des véri­tés frac­tales qui se meuvent au gré des marées.

Si je m’aide, le ciel m’aidera, si le marin consulte ses cartes, l’océan l’aidera.

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