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Le silence de nos théâtres

Modifié le : 2019/08/08

Petite pro­me­nade sous un ciel gris autom­nal. J’ha­bite tout près de la métro­po­li­taine, cette longue trai­née béton­née que des gens accé­lé­rés empruntent quo­ti­dien­ne­ment. Puisque je tra­vaille de chez moi, je perds vite conscience de l’é­ner­ve­ment mati­nal, un peu comme si je vivais à la cam­pagne, loin de la pro­duc­ti­vi­té cita­dine. Les visages que je croise sont concen­trés, les regards déjà rivés au babillard des choses à faire durant la journée.

Le choc doit quand même être impor­tant pour tous ces esprits qui, il y a à peine une heure ou deux, ten­taient de com­prendre le monde à tra­vers leurs rêves. Il m’ar­rive aus­si par­fois de ne pas vou­loir me réveiller, de refu­ser la néces­si­té. Le choc est sûre­ment grand, car de ces jours qui s’ac­cu­mulent, qui besognent, on en garde peu de traces. On rêve tout le temps au week-end ou on s’i­ma­gine que notre vraie vie se joue ailleurs, dans un théâtre silen­cieux, rem­pli des échos de nos coeurs abattus.

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