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L'écriture apaisée

Modifié le : 2019/08/05

Les sai­sons roulent sur un sen­tier caho­teux. Ce n’est pas demain que ça chan­ge­ra. Si beau­coup rêvent d’ores et déjà de se pré­las­ser sur les ter­rasses, l’hiver n’en conti­nue pas moins de déver­ser, de temps en temps, sa neige qui, en théo­rie, est régle­men­taire jusqu’à la venue du prin­temps. Après, on pour­ra chia­ler, mais pour l’heure, endurons !

De mon côté, mal­gré la fatigue, je pousse un peu plus l’effort, me dis­ci­pline à écrire, entre­prends le périlleux exer­cice de lire d’autres auteurs pen­dant que je révise mon roman. Les auteurs écrivent sou­vent sim­ple­ment. Les bonnes his­toires sont des édi­fices bâtis non pas avec des pierres pré­cieuses, mais avec des ima­gi­naires com­po­sés de simples grains de sable. On mesure ain­si sou­vent le génie d’un auteur à la trans­pa­rence de son travail.

Après le choc des rebuf­fades de deux édi­teurs, mon regard sur mon roman ne change pas beau­coup. Ce que j’y lis me plaît. Mon malaise se tem­po­rise, ma confiance renaît. Il y a bien sûr de mau­vaises phrases, des idées qui m’apparaissent sou­dain trop brutes ou encore assez laides, comme des croutes de sang tenaces sur cette lit­té­ra­ture que je vou­drais sans reproches. Je gratte volon­tiers, quitte à faire jaillir de nou­veau le sang. Au-delà de ce tra­vail néces­saire, que j’étais déjà prêt à faire, je me conforte en réa­li­sant que mes per­son­nages demeurent entiers, intègres.

Je serai publié, j’en conserve l’intime conviction.

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