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Les barbares

Modifié le : 2019/08/06

Ils ne sont jamais loin à vou­loir res­sor­tir les cou­teaux et les machettes, à fendre la peau des cri­mi­nels. Le séna­teur Bois­ve­nu n’est pas le bien­ve­nu dans ma demeure, mais je sais que dans la tête de la majo­ri­té, on se dit d’accord avec ses propos.

Le ver­nis de l’humanité est fra­gile, encore frais peint. Étrange bête que le peuple qui scande à mort depuis des siècles juste pour le plai­sir, sans doute, de voir cou­ler du sang. Ne com­prend-on pas que, pour s’élever, il faille par­don­ner, que pour dépas­ser la dent contre une dent, on se doive l’abnégation ? C’est facile à dire, c’est un prê­chi-prê­cha de chré­tien ? Un gas­pillage de fonds publics ?

À entendre, durant les der­niers jours, ces gens véhé­ments, je me dis qu’il faut rap­pe­ler ad nau­seam les hor­reurs pas­sées. Pas éton­nant que les gens vivent dans le mal­heur, ils ne paraissent pas avoir encore les capa­ci­tés de com­prendre ce qui les incitent au mal. Des peuples s’enlisent dans le vinaigre à cause de ce goût per­pé­tuel de ven­geance qu’ils ont dans la bouche, une ven­geance dont ils ne com­prennent plus la signi­fi­ca­tion ni l’origine, alors qu’ils pour­raient imi­ter leurs aïeuls qui, à la guerre, ont démon­tré leur cou­rage d’agir autrement.

Il est décou­ra­geant de consta­ter qu’il y a deux types de bar­ba­rie, celle visible et l’autre, la bar­ba­rie tran­quille des gens ordi­naires, qui attend sa petite heure de gloire, tapie der­rière les bour­reaux de l’État, et qui salive à l’idée de pou­voir écor­cher son voi­sin. On com­prend alors qu’il suf­fi­rait de si peu pour recu­ler, car le vent de face est trop fort.

Je ne suis pas un saint, je ne crois pas déte­nir la véri­té. J’ai pour­tant la convic­tion, que dis-je, la foi, que la bon­té existe. Le monde tourne sur des essieux infer­naux, la vie est courte, fra­gile, la mort ne fait pas de cadeaux. Or, une har­mo­nie existe et, quand on la devine, on s’aperçoit qu’elle est juste pour tous. Cette har­mo­nie nous dépasse, alors inutile de la com­battre avec nos ridi­cules canifs.

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