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Les compagnons

Modifié le : 2019/08/06

Lorsque les coïn­ci­dences arrivent à point, on parle volon­tiers de syn­chro­ni­ci­té, terme ché­ri par Jung qui a vu comme d’autres avant lui que, dans le mou­ve­ment des corps célestes rési­dait une sagesse sans noms, qua­li­fi­ca­tifs ou verbes. Une vidéo (voir plus bas), sur John­ny Barnes donne le ton à ce que je vou­lais déjà dire.

Aujourd’hui, il me fal­lait bien sûr par­ler d’amour, puisque c’en est offi­ciel­le­ment la jour­née chez les peu­plades occi­den­tales. Encore ce matin, un ami me fai­sait la remarque que je n’étais pas du type à célé­brer cette jour­née, ou toute autre période impo­sée par le calen­drier des com­mer­çants ou des sociétés.

Il est vrai que je ne suis pas d’humeur à suivre les gens, à faire comme eux, à men­tir sur­tout. Il est vrai éga­le­ment que mes sen­ti­ments n’ont pas pris for­te­ment racine dans le cœur des autres. J’ai bien ten­té, mais il en va de mes amours comme de mes plantes, elles poussent en orgueil ou s’assèchent faci­le­ment. Je n’ai pas le pouce vert, même si j’ai les mains, le cœur et le corps amoureux.

Qu’on ne pense pas que ma vie soit un désert, loin de là. Je suis par contre du genre cir­cons­pect, pru­dent et je me suis entou­ré d’un rela­tif bon­heur. Je suis un peu comme ce John­ny Barnes qui exprime, contre vents et marées, allè­gre­ment son bon­heur d’être en vie.

La chan­teuse Jane Siber­ry nous en sou­haite tout autant, demande d’aimer et d’être fier de nos com­pa­gnons quo­ti­diens, de leur rendre grâce, d’être heu­reux d’être d’exister par­mi eux.

Ain­si, avons-nous à des degrés divers, des com­pa­gnons d’existence. À eux, il faut non pas s’obliger à leur dire qu’on les aime, il suf­fit d’un geste, un sou­rire, une acco­lade, même un silence tra­hi par des yeux plus sages que nos paroles. L’amour est simple. Je vous aime, je suis crain­tif, mais il faut vous aimer.

Pour bien aimer, je crois, il importe de ne pas s’obstiner à nour­rir nos bles­sures, mais d’insister à être bons. L’univers nous semble cruel et pour­tant, il nous a quand même conduits, mal­adroi­te­ment certes, au pro­grès. Recon­nais­sons nos torts, nos mal­adresses et rele­vons l’échine. Allons en paix.

Mr. Hap­py Man de Matt Mor­ris Films sur Vimeo.

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