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Les essais et les erreurs

Modifié le : 2019/08/07

Il a été éta­bli que c’est géné­ra­le­ment le plus fort qui sur­vit. Enten­dons-nous, la force phy­sique n’a rien à voir. Selon le contexte, la ruse, l’ingéniosité, l’imagination des sur­vi­vants, ou tout sim­ple­ment leur nombre, jouent autant en faveur de l’un que de l’autre. Les mâles domi­nants se font, et plus sou­vent qu’on y pense, flouer par les ratou­reux de l’arrière-cour. Chez cer­tains pois­sons, les éja­cu­la­teurs pré­coces se fau­filent en un rien de temps dans la tale du bon sper­ma­teur, font leur affaire et s’enfuient tout aus­si rapi­de­ment. Chez cer­tains oiseaux, les femelles choi­sissent les bons pour­voyeurs, mais acceptent en cachette les avances de plus belles cou­leurs. Bref, cha­cun s’essaie, pas tout le monde qui réus­sit, au plus fort la poche ou la stra­té­gie (ça res­semble à une des­crip­tion de la mafia et de la poli­tique). Règle géné­rale, mais je ne suis pas un spé­cia­liste pour l’affirmer, les faibles, les malades, les vieux sont lais­sés pour compte. Peu importe la ruse ou la force employée, n’est don­né de chance qu’à ceux et celles qui peuvent jouer le jeu. Les autres se font man­ger plus vite.

Dans une fable un peu tor­due, j’écrivais sur ce thème dans Cre­ver mon fils. Chez l’être humain, il y a de ceci de par­ti­cu­lier que le faible sur­vit. On a beau dire ou faire, dans les pays à tout le moins dits déve­lop­pés, la socié­té prend en charge ses bles­sés, ses inva­lides, ceux qui ne semblent pro­duire rien. Il y a une zone très grise de notre fonc­tion­ne­ment. D’un côté, on les laisse là, prêts à se faire dévo­rer par le des­tin (qui ne s’intéresse pour­tant plus à eux), et d’un autre côté, on répugne à les aban­don­ner. On dira que nous avons évo­lué et que nous avons dépas­sé le stade ani­mal et qu’il faut ain­si rendre gloire (à Dieu ou au cos­mos) de notre huma­ni­té, que notre bonne conscience est notre planche de salut. Je n’en crois rien. Bien pré­ten­tieux l’esprit qui croit s’être affran­chi de la Nature.

Certes, la race humaine est excep­tion­nelle, domine la pla­nète, n’en finit plus d’inventer et pro­duire des mer­veilles. Elle pos­sède ce raf­fi­ne­ment pour com­prendre la souf­france et tente de sau­ver du nau­frage ceux qui semblent voués qu’à se noyer.

Or, accro­chée à l’ombre de cette même race, la vio­lence se pour­suit et l’indifférence est totale. Voi­là le para­doxe. L’Homme demeure tou­jours un loup pour l’Homme, la Femme demeure une Rome qui peut être tout aus­si san­gui­naire et conqué­rante. Et c’est bien pour cela que, mal­gré nos bonnes inten­tions, les insuc­cès sont rapi­de­ment éva­cués de nos esprits.

Notre dis­cours est fleu­ri, mais nos gestes, ceux vrai­ment qui comptent, croisent leurs doigts der­rière le dos sachant très bien qu’ils ne tien­dront pas de telles pro­messes. Le jeu des essais et des erreurs se pour­suit. En connais­sons-vous vrai­ment les règles&bsp;?

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