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Les mêmes histoires

Modifié le : 2019/08/05

Je relis L’Effet Casi­mir. En vue de sa publi­ca­tion élec­tro­nique, j’ai pen­sé une nou­velle page cou­ver­ture, repre­nant tou­te­fois le tableau de Syl­vie Lali­ber­té, une amie de l’époque à qui j’avais modes­te­ment ache­té les droits de repro­duc­tion. Ce tableau est essen­tiel à l’histoire, puisqu’il y est décrit et repré­sente bien le thème.

J’aurais cru que mon regard et mon esprit auraient chan­gé, évo­lué depuis dix ans. Je n’en suis plus cer­tain. L’histoire de la psy­cha­na­lyste Marthe, dans ce roman, est certes dif­fé­rente de celle de Diane, dans les Mailles san­guines. Cepen­dant, toutes deux ont côtoyé, se sont abreu­vées, se sont heur­tées au récif à la volon­té d’un artiste plus fort qu’elles. Toutes deux se sont éga­le­ment per­dues. Il est vrai que, par la suite, leurs che­mins divergent. Marthe pos­sède une per­son­na­li­té plus dis­tante alors que Diane lutte contre sa pas­si­vi­té émotive.

Et puis, il y a éga­le­ment Lucienne, bien dif­fé­rente de Rose, mais tout de même. Deux femmes qui sont au ser­vice d’une autre, deux bonnes et deux femmes de la cam­pagne. Dans le roman, ces deux per­son­nages servent à illus­trer la « simple réa­li­té ». Pour le reste, heu­reu­se­ment, c’est bien de la lit­té­ra­ture, des scènes et dia­logues différents.

Michel Trem­blay, et plu­sieurs autres avant lui, ont déjà dit qu’il n’y a plus rien à racon­ter. Qu’on répète inlas­sa­ble­ment les mêmes thèmes, les mêmes his­to­riettes. Il y a un peu de véri­té là-dedans, d’autant qu’on semble inca­pable de se renou­ve­ler soi-même. Pour ne pas trop s’endormir, il faut donc se remettre en ques­tion. Écrire une his­toire par géné­ra­le­ment d’un même prin­cipe : il y a une crise, et il faut la résoudre. Le mot crise prend son ori­gine du grec, et signi­fie choix.

Cela me donne une idée pour le pro­chain roman. Je ne détes­te­rais pas écrire des nou­velles, comme je l’avais fait pour La Vie dure. Le thème : les gens qui ne font pas de choix, qui demeurent en attente, qui font avec, qui se contentent de leur petit bon­heur goû­tant un peu le vinaigre ou ayant ramol­li, à défaut d’avoir le cou­rage de recom­men­cer. Com­bien de gens pensent que leur bon­heur s’arrête où leur insa­tis­fac­tion commence ?

Ce qui m’amène à pen­ser à la situa­tion poli­tique actuelle. L’électorat stagne, le peuple, désa­bu­sé, hésite, ne veut plus choi­sir, car il a l’impression qu’il n’a pas de choix. J’aime bien ce « prin­temps » qué­bé­cois 2012 qui ne veut pas se trans­for­mer en hiver…

Nous avons tou­jours le choix d’agir autre­ment. Aujourd’hui, sur Face­book, j’ai lu cette maxime : On ne peut com­men­cer un nou­veau cha­pitre de notre vie si on s’obstine à lire le précédent.

En repo­sant un regard sur mes anciens écrits, je vois bien tout le che­min qu’il me reste à faire. On m’a don­né une exis­tence (ou si on pré­fère, mon exis­tence est en moi), il m’appartient de la cultiver.

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