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L'impressionnant Chostakovitch

Modifié le : 2019/08/04

Je dois rat­tra­per mon retard d’ap­pren­tis­sage. Le concert dans lequel Gany­mède par­ti­ci­pe­ra en com­pa­gnie du Chœur sym­pho­nique de McGill a lieu la semaine pro­chaine. Nous y chan­te­rons la 13e sym­pho­nie de Chos­ta­ko­vitch, dite Babi Yar, pour chœur d’hommes et baryton.

J’ai tou­jours aimé Chos­ta­ko­vitch. À l’é­poque du vinyle, je pos­sé­dais la col­lec­tion com­plète des qua­tuors que je fai­sais jouer abon­dam­ment. Je ne connais cepen­dant pas beau­coup son œuvre au-delà de ses qua­tuors. En écou­tant, aujourd’­hui, Babi Yar, résonnent en moi les mélo­dies chao­tiques de la puis­sance de vivre. On n’é­coute pas Chos­ta­ko­vitch pour se dis­traire, mais pour se rap­pe­ler le com­bat de l’exis­tence. Mélange d’an­goisses, de charmes, de gran­di­lo­quence et d’in­sé­cu­ri­té, la musique du com­po­si­teur est réso­lu­ment ancrée dans l’hu­ma­ni­té, ce qui lui a valu bien des tour­ments, car, artiste libre, mais dévoué, il pou­vait autant cri­ti­quer Sta­line que rendre gloire à l’U­nion soviétique. 

L’é­poque est en elle-même riche de sang. Le génie de Chos­ta­ko­vitch aura été de la dépeindre avec, dans la main et le cœur, un scal­pel incan­des­cent. Seule la musique, et sans doute le ciné­ma, peut illus­trer ain­si la condi­tion humaine. Moi, je rêve constam­ment que ce souffle nour­risse ma pauvre grammaire.

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