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L'innocence figée

Je ne sais pas trop com­ment je marche. Le cœur bat tout aus­si vaillam­ment que la veille et il semble me pro­mettre d’être aus­si cou­ra­geux demain. Je ne sais com­ment où s’en va le monde, où ira le cours des choses.

Mon âme est heu­reuse, elle est triste, figée dans cette can­deur de vou­loir com­prendre le pré­sent, de ne pas trop m’en faire tout en sachant que j’ai pour­tant inté­rêt à demeu­rer vigi­lant. Un bel ami sur Face­book a publié des pho­tos de son inno­cente jeu­nesse. Je lui ai dit quelque chose comme les yeux qui ont vu le monde peuvent très bien demeu­rer purs s’ils per­sistent à avoir foi en la réa­li­té des choses.

Il m’a remer­cié, disant que cela était très beau.

S’il en est ain­si comme ma poé­sie me le sug­gère, cela signi­fie que cette réa­li­té mys­té­rieuse se boit comme un miel, fort comme la ciguë.

L’innocence, le pré­sent, la réa­li­té sont des abs­trac­tions d’un même phé­no­mène figé. La pre­mière trace, la pre­mière nais­sance, l’empreinte de toutes les empreintes nous dicte sans doute depuis des années-lumière que la véri­table et tan­gible vie se joue nu et immo­bile, les yeux naïfs et fer­més, devant la pau­pière de nous-mêmes.

Il n’empêche que dire cela ne paie pas les factures.

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