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Manuscrit récupéré

Modifié le : 2019/08/06

Mon ancien édi­teur m’a retour­né, anno­té, mon manus­crit. Le colis était abi­mé, insé­ré dans une enve­loppe de Postes Cana­da, qui pré­sen­tait méca­ni­que­ment ses plus plates excuses. Il manque tout de même vingt pour cent des pages. Le paquet a visi­ble­ment chu­té, l’enveloppe uti­li­sée par mon édi­teur, peu conçue pour un tel nombre de pages, s’est ouverte et une par­tie du conte­nu s’est vola­ti­li­sé. Il m’a fal­lu une bonne demi-heure pour ordon­ner ce qui a pu être récupéré.

Au-delà de ce désa­gré­ment, les pages ain­si ratu­rées sont comme un rap­pel à l’ordre (sans jeu de mots). J’y vois, encer­clées comme à la petite école, des fautes stu­pides, d’autres plus sub­tiles. Je me suis sans doute trop dépê­ché d’expédier ce manus­crit, signe tan­gible de cette anxié­té qui me ronge face au regard d’autrui. Et je crains que cet empres­se­ment me vaille d’autre refus de la part d’éditeurs. Et si, au final, per­sonne ne veut de ce manus­crit, j’engagerai un/​e réviseur/​e profesionnel/​le et le publie­rai, car les temps ont bien chan­gé. Nous sommes curieu­se­ment reve­nus à une époque où il est nor­mal de s’autopublier (et les pro­grès tech­no­lo­giques faci­litent la chose [Book Baby est un bon exemple]).

Bien que l’avis de mon édi­teur est que ce texte en vaut la peine (mon his­toire est racon­tée, dit-il, avec brio), je com­prends qu’au niveau fran­çais, j’ai encore de bonnes croutes à man­ger. On me dira que je suis trop sévère ; je rétor­que­rai qu’on ne gagne pas de médailles à s’excuser.

Je me remets donc à la tâche. Je n’ai pas ache­té pour rien un petit ordi­na­teur ultra léger et de luxe pour le simple plai­sir bour­geois d’en pos­sé­der un. J’ai certes besoin de mon petit confort infor­ma­tique pour avan­cer, il n’empêche que je n’achète rien pour rien.

Alors, fai­néant, à l’ouvrage !

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