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Miasme bucolique

Modifié le : 2019/08/08

Ce n’est pas chaud pour la pompe à l’eau ce matin. Le froid, en gros élé­phant, bous­cule tout dans la bou­tique de por­ce­laine. Les pas­sants gre­lotent, cer­tains sont sur­ha­billés alors que d’autres ont la jupe encore un peu trop courte.

Mal­gré l’intensité des rayons, et bien que j’aie pré­vu ce qu’il fal­lait, sauf des gants, pour bien me pro­té­ger, mon corps avait du mal à s’acclimater au chan­ge­ment de tem­pé­ra­ture. Dans six mois, on en repar­le­ra, cette même tem­pé­ra­ture nous fera suer dans nos gros manteaux.

Il y avait cepen­dant autre chose qui n’aidait pas à appré­cier la pro­me­nade : une odeur, un miasme indus­triel dif­fi­cile à iden­ti­fier. J’ai pen­sé tout de suite à l’odeur d’une usine de pâtes et papier. À Mont­réal, ça ne peut être ça. Tou­jours est-il qu’il n’y avait de buco­lique que quelques feuilles hap­pées par le soleil. Le reste stag­nait dans le gris et la déchirure.

Vite, vite de retour à la mai­son. La semaine ne fait que com­men­cer. J’ai encore énor­mé­ment rêvé cette nuit, et des choses que les bonnes dames ne veulent pas entendre. Vite, vite un autre petit café espres­so et hop au boulot.

On dit qu’il faut tou­jours espé­rer le mer­veilleux, chaque matin. Voi­là, j’espère. Mais déjà, mon coeur est tran­quille ; c’est déjà ça d’acquis.

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Classé dans :Montréalquotidien

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