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Ne pas voir la saison

Modifié le : 2019/08/05

Ce n’est pas que les mots me manquent. La parole demeure volu­bile dans mes pen­sées. Elle est cepen­dant ailleurs que sur Inter­net, dans les mailles de mon roman. Écrire envoute, m’interdit presque d’autres visions, comme si mon esprit s’enflammait pour une seule doctrine.

Nous, les vivants, nous les pas­sants dans la rue des jours, nos horaires, nos mis­sions, nos devoirs et per­mis­sions, nos uni­vers entre­la­cés noient nos heures qui paraissent s’accélérer au point qu’on en perd les détails sur l’horizon. Il est certes sage de ména­ger ses efforts, car l’épuisement, tel un loup, n’attend que ça.

Il faut donc par­fois se taire, sau­pou­drer de silence la terre de nos dis­cours. La patience est d’autant plus noble quand on ne sait pas où vont les sai­sons. La train va peut-être trop vite, mais si nous fer­mons les yeux, nous voyons sou­dain un autre pay­sage. Et tout semble rede­ve­nir plus pré­cis, clair.

Nous finis­sons tou­jours pas entrer en gare.

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