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Nos vies secrètes, nos images, notre richesse

Modifié le : 2019/08/08

La vie m’a encore man­gé vingt-quatre heures. Ce matin, j’é­tais plus ner­veux que d’ha­bi­tude, m’a­per­ce­vant que des tran­sac­tions finan­cières tar­daient, que j’a­vais oublié moi-même de faire une décla­ra­tion au Grand Minis­tère du Reve­nu (mes taxes à rem­bour­ser en tant que tra­vailleur auto­nome). J’au­rai une péna­li­té, le gou­ver­ne­ment ne se gêne pas pour vous fac­tu­rer à la seconde près votre retard, il est pire que n’im­porte lequel usurier.

La vie m’a encore man­gé quelques heures, ou plu­tôt, j’ai encore le ventre plein de la veille. Je me demande si nous arri­vons à tout digé­ré de nos jours ; si nous ne pos­sé­dions pas un vaste esto­mac qui prend son temps et qui nous régur­gite aléa­toi­re­ment des rêves durant la nuit, des cau­che­mars pen­dant le jour. Il y a des ain­si des jour­nées où on pré­fé­re­rait ne pas connaître le réveil alors que, pour d’autres, la nuit nous paraît interminable.

Nos vies secrètes, nos images, notre richesse, nous avons peine à les conce­voir, les appré­hen­der. Je mets en pages, ces jours-ci, un livre de pro­gram­ma­tion neu­ro­lin­guis­tique (PNL), écrit par une dame, une moti­va­trice comme on en connaît beau­coup. Elle me semble sin­cère, or ce qu’elle dit est par­fois d’un tri­vial, qu’il faut constam­ment se convaincre que ça ira bien, que notre pen­sée peut tout, ou déforme tout (c’est la même chose), que nos pen­sées néga­tives peuvent nous mener au can­cer (il n’y a pas qu’elle pour l’af­fir­mer, cer­tains méde­cins com­mencent à le dire alors que les anciens sha­mans en étaient déjà tout à fait convaincus).

Moi aus­si, j’en suis cer­tain, nous sommes maîtres de notre des­tin, même si celui-ci nous échappe la plu­part du temps. Vivre entiè­re­ment sa vie ? La belle affaire. Ne sommes-nous pas les pre­miers à nous enjoindre de nous taire ? À nous convaincre que nos pas­sions passeront ?

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