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Photo Pierre Laroche

Notre destin

Sommes-nous gou­ver­nés par une force, des lois, un dieu, un quelque chose de plus grand que nous ? Le concept de des­tin prend plu­sieurs formes et n’est pas seule­ment pré­sent en astro­lo­gie, là où le mou­ve­ment des corps « célestes » semble offrir une méta­phore utile à la com­pré­hen­sion de l’existence. Les catho­liques ne croient pas au des­tin, ils croient au salut indi­vi­duel, au pou­voir de chan­ger le cours des choses. Les musul­mans seraient plus enclins à croire que l’ordre divin pro­jette son ombre sur la route à suivre et qu’il faut s’y soumettre.

Il ne faut pas confondre des­tin et fata­li­té et là encore, il y aura cer­tains astro­logues qui ne se feront pas prier pour vous tra­cer une ligne bien droite d’événements pré­fa­bri­qués. La notion de des­tin existe éga­le­ment en science sous le vocable de déter­mi­nisme. Là aus­si, le spectre des hypo­thèses englobe autant des auto­routes savantes de cal­culs — Dieu ne joue­rait pas aux dés (Ein­stein) — que la notion du chaos qui mène inva­ria­ble­ment à l’ordre, même si on ne peut pré­dire ce que sera l’ordre (la four­mi de Langton).

D’aucuns diront qu’il faut accep­ter son sort. J’en ai pour preuve deux de mes amis dont la carte du ciel exprime à la fois la fata­li­té de leurs pro­blèmes de san­té que la pos­si­bi­li­té d’émerger ou de diri­ger leur exis­ter vers un monde per­son­nel nouveau.

Il nous arrive des choses, on les subit en quelque sorte. En même temps, on s’en fait une rai­son, on peut réus­sir ou ten­ter d’en com­prendre le sens, on peut s’y construire une sym­bo­lique. Le des­tin serait-il alors une façon de cacher son igno­rance ? Les dan­seurs ne vol­tigent-ils pas autour d’abstractions qui font naître la beauté ?

Vous, en ce moment, quel est votre des­tin, quel a été jusqu’à ce jour votre che­min ? Y voyez-vous un tra­cé, une ligne, une forme ? Si oui, quelle en est l’utilité ? Vous pou­vez cer­tai­ne­ment y trou­ver un refuge, mais la der­nière réponse sera que vous ne le savez pas. Tout au plus, pou­vez-vous espé­rer. L’espoir est ain­si votre danse, votre chan­son. Votre des­tin est d’être un être humain . Il s’agit d’une esquisse en traits noirs que votre fata­li­té qui vous appar­tient ten­te­ra de colo­rier avec des coups de crayon ou de pin­ceau plus ou moins achevés.

Votre des­ti­née est par­ta­gée avec le reste de l’humanité qui doit com­po­ser avec la mani­fes­ta­tion des autres espèces, la gran­deur des pla­nètes et des étoiles. Cela forme un Tout qu’on est bien obli­gé d’écrire avec une majus­cule. Le silence en nous semble être notre seule cer­ti­tude. Le résul­tat ou les consé­quences de nos actions se conforment à des acquis ins­crits dans le palimp­seste de l’évolution. Nous devons certes nous sou­mettre, vivre notre vie de la manière dont elle nous arrive.

On repré­sente sou­vent le des­tin comme un océan aux vagues aléa­toires, à l’horizon tou­jours loin­tain et à la pro­fon­deur abys­sale. La voûte des cieux et sa gigan­tesque varié­té pour­raient être un autre sym­bole de ce qui Est. Il n’y a pas d’autre che­min que d’avancer et de se fondre aux étoiles, à créer son nid avec les autres abeilles. Si nous pou­vions à tout le moins tous res­pi­rer ce même vent hiver­nal… notre marche vers notre des­tin n’en serait-elle pas plus heureuse ?

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