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Nous voudrions protester

Modifié le : 2019/07/27

Nous vou­drions pro­tes­ter. Les hommes, sur la pla­nète, semblent vou­loir s’empêcher de tour­ner en rond. Une guerre ici, une libé­ra­tion là, une exploi­ta­tion par-ci, une domi­na­tion par-là. Les idées, la soupe de toutes nos aspi­ra­tions, ne goûtent pas la même chose dans la cui­sine de l’autre.

On dira que ce n’est que de la lutte dar­wi­nienne pour la sur­vie du plus fort. Il y a sûre­ment un peu de vrai ; nous ne sommes, après tout, qu’un fil d’Ariane, voire un friable et mort fil d’araignée. L’univers se meut par des règles dont nous avons à peine conscience.

Je m’étonne tout de même de notre achar­ne­ment à com­pli­quer les choses. Quand les hommes vivront d’amour, dit le poète, il n’y aura plus de misère. C’est simple, uto­pique, mais complet.

Pour­tant, il semble qu’il soit plus simple de faire com­pli­qué, car sinon, com­ment Sha­kes­peare aurait-il pu écrire ses drames ? Com­ment pour­rions-nous tendre vers l’ivresse ?

Il se peut que, mal­gré toutes nos bonnes inten­tions, nous res­sen­tions ce vide inexo­rable qu’est notre fini­tude et que, mal­gré notre sin­cé­ri­té, nous en venons à nous sou­mettre à nos Igno­rances, parce que nous sommes fati­gués de vou­loir com­prendre, qu’il soit donc plus facile de stop­per nos inter­ro­ga­tions en les nom­mant aveu­glé­ment par tous les noms gra­cieux qui nous montent à l’Esprit.

Nous sommes faibles. Notre chute est rela­tée dans bons nombres de livres sanc­ti­fiés. Il ne semble pas encore venu le temps où nous com­pren­drons ces mystères.

Tou­jours est-il que nous vou­drions pro­tes­ter, nous vou­lons lut­ter pour obte­nir un peu de bon­heur, avec toute la jus­tice qui nous revient. Oublions la Nation, reve­nons-en à la néces­si­té du Cœur.

Voi­là encore bien des majus­cules. Il y a encore beau­coup d’histoires à racon­ter. C’est le poète qui doit être content.

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