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Passé, futur, présent

Modifié le : 2019/08/05

Visite annuelle chez le méde­cin. Anlayse des diverses com­po­santes réper­to­riées, consta­ta­tion des pertes subies, la machine vieillit, len­te­ment, inexo­ra­ble­ment comme le fre­donne l’adage.

Il fau­dra aug­men­ter la dose de cer­tains médi­ca­ments afin de contrô­ler ceci, cela, il fau­dra réduire sa consom­ma­tion d’alcool, déjà peu éle­vée, évi­ter les choses trop grasses, se conten­ter de moins de plai­sirs ali­men­taires, ne pas trop tra­vailler, ne pas trop se fati­guer. Saturne, le dieu de la vieillesse, impose ses règles. Tu avan­ce­ras en âge si tu rela­ti­vises les gour­man­dises offertes à la jeunesse.

Encore heu­reux d’être tout de même en bonne san­té, encore chan­ceux de ne visi­ter le méde­cin que pour la vieillesse rou­ti­nière. Je connais le pas­sé de mes ancêtres, je pour­rais pro­je­ter mon futur puisque, sta­tis­ti­que­ment par­lant, je me dirige vers les dérè­gle­ments congé­ni­taux. Mais mon futur ici se brouille. On meurt d’à peu près n’importe quoi et à tout âge par­mi la géné­ra­tion pré­cé­dente. J’envie en secret les gens qui vivront jusqu’à cent ans, les yeux encore clairs et l’appétit qui ne les fera pas gros­sir. Mais là s’arrête la com­pa­rai­son. Comme ni le pas­sé ni le futur ne me sont d’un bon secours, autant me rabattre sur ce pré­sent qui me fuit entre les doigts. S’il faut pla­cer avant toute chose l’importance sur sa san­té, rien ne sert d’oublier que le bon­heur prend sa source dans le plai­sir de vivre. Et, de ce côté, l’abondance règne, puisque les heures s’offrent à moi comme autant de géné­reuses sirènes.

J’ai des choses à faire, cer­tains diront que cela occupe mon esprit. On peut tout dire, tout inter­pré­ter, sur­fer sur des ana­lyses plus impla­cables encore qu’un ser­mon de méde­cin. On peut s’asseoir confor­ta­ble­ment sur les lau­riers déjà très fanés du pas­sé, sali­ver mala­di­ve­ment sur les pro­messes du futur tou­jours plus jeune que nous. On peut, plus cou­ra­geu­se­ment, s’habiller de la simple cha­suble du pré­sent et vivre ce que l’on est, comme un dévot sou­mis à ce qu’il ne com­pren­dra jamais.

De cela j’en fonde mes cer­ti­tudes. Je marche sur un océan de possibilités.

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