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Pause brouillard

Je suis en vacances depuis presque deux semaines. Elles s’achèvent sans que je n’aie eu le temps de com­prendre que je suis en pause. Je n’ai pas fait grand-chose. Je pour­rais même affir­mer que je n’ai pas vécu depuis un bon bout de temps, même si j’ai tout de même conti­nué à jouir phy­si­que­ment et méta­pho­ri­que­ment de la vie. Que s’est-il pas­sé depuis que je n’ai plus de lave-vais­selle ? Eh bien, j’ai jus­te­ment fait ma vais­selle et mal­gré mes bonnes inten­tions d’économiser l’eau, je me pose de sérieuses ques­tions sur les réelles éco­no­mies que je fais. Laver quo­ti­dien­ne­ment en uti­li­sant deux à quatre litres d’eau ou dépen­ser douze litres en une semaine pour un lavage à la machine… Il me semble que ce n’est pas ça qui va faire la dif­fé­rence pour Gre­ta. Mais bon, chaque geste compte, dit-on.

Jus­te­ment, quels ont été mes autres gestes ? J’ai beau­coup lu, et j’ai explo­ré quelques cartes du ciel d’amis qui sont subi­te­ment tom­bés malades. Dans tous les cas, la grande méta­phore astro­lo­gique savait quoi dire, quoi sug­gé­rer. Je m’étonne encore de cette mutante syn­chro­ni­ci­té, même si, par­fois, il faut en prendre et en lais­ser sur ce qu’écrivent les experts.

J’ai lu quelques trucs sur la mythologie..

Je vais éga­le­ment à l’hôpital tous les jours pour accom­pa­gner pen­dant une heure ou deux mon ami copro­prié­taire. Je lui apporte quelques jour­naux. D’ailleurs, sur ce point, comme il est ren­du dif­fi­cile d’apporter un jour­nal à quelqu’un. Il n’en existe plus ! Tout se fait main­te­nant par le net ? Je suis même allé sta­tion Ber­ri-Uqam à ce que je croyais encore exis­ter tout près, soit la Mai­son de la presse inter­na­tio­nale. Eh bien non ! Fer­mée ! Et chez Renaud-Bray sur Saint-Denis qui avait l’habitude d’avoir une bonne sélec­tion ? Il ne reste que quelques jour­naux amé­ri­cains en ver­sion week-end seule­ment. Seuls Le Devoir et le Jour­nal de Mont­réal résistent.

Et puis quoi d’autre ? Je dors comme une mar­motte, je réponds à quelques cour­riels pro­ve­nant d’employés de ma com­pa­gnie qui ne semblent pas remar­quer la notice de vacances qu’ils reçoivent quand ils m’écrivent. Les gens ne sont pas concen­trés ces jours-ci, on dirait… Ou est-ce moi qui, parce que je suis immo­bile, arrive à me foca­li­ser convenablement ?

Je fais à man­ger tous les jours pour mon grand ami, époux de l’autre ami. J’ai répa­ré le toit, une marche. Je me suis ache­té une gram­maire active du por­tu­gais. J’ai ma nou­velle cho­rale aus­si. Char­mants chan­teurs. Ça va vite, j’ai inté­rêt à me pré­pa­rer. Je ne fais rien, j’écoute le silence tour­ner autour de moi, je lis dans mon petit bocal de la rue Lajeu­nesse. Ils ont ter­mi­né les tra­vaux sur la rue. Il est vrai ce que cela m’a diver­ti pen­dant sept jours, tous ces hommes et leurs machi­ne­ries viriles et professionnelles.

L’hiver est arri­vé en coup de vent et le froid ne s’est pas fait prier, entrant par la grande porte du nord. Il y aura redoux, dit-on. Ah oui, je me suis ache­té des bottes. Les der­nières pre­naient l’eau.

Bref, rien à dire, et j’ai pour­tant par­lé d’un peu de tout. Ce sont donc de petites vacances tran­quilles et déjà le retour au tra­vail lun­di pro­chain. Ma vie tran­quille res­semble à un humble appren­tis­sage d’énoncés plus ambi­gus que moi. Le quo­ti­dien, ce grand dieu sans paroles, est ain­si fait.

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