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Plus fort que nous

En nous se meuvent les reflets d’un océan qui nous sub­mer­ge­ra tou­jours. Tout est plus fort que nous. À notre nais­sance, le cycle des pla­nètes aura impré­gné son seau dans notre ADN. À par­tir de cet ins­tant, nous tra­ver­sons les spi­rales héli­coï­dales de nos humeurs et de nos des­tins. On a beau dire, on a beau faire, on a beau prendre en main ses pul­sions et har­na­cher ses pen­sées, il y aura au mini­mum sur le che­min cet arrêt final qui stop­pe­ra la plus obs­ti­née des velléités.

On dira alors que les fron­tières de ses liber­tés se situent dans la com­pré­hen­sion de ces limites, dans l’acceptation humble de son impuis­sance. La réa­li­té, la grande, celle que l’on peut affu­bler de majus­cules si cela peut ras­su­rer, cette réa­li­té semble être une somme, ou plu­tôt une médiane de tous les égos. Encore faut-il que ceux-ci puissent se mesu­rer aux monstres d’existence que sont les étoiles, les galaxies et les super fila­ments de l’espace.

Mais à quoi bon vou­loir se mesu­rer puisque même les trous noirs se perdent en conjec­ture. Un asté­roïde trop petit pour être détec­té a frô­lé récem­ment la Terre. Les scien­ti­fiques ont fré­mi, car ils ne l’ont pas venu venir.

Nous sommes igno­rants et mal­ha­biles. Puisque tout est plus fort que nous, nous nous per­met­tons de funestes cer­ti­tudes qui, d’après l’Histoire, nous auront tou­jours conduits au meurtre, à la guerre. En sommes-nous en ce moment à répé­ter, à défaut de com­prendre, le cercle vicieux ?

Nous, les petites gens, nous nous sou­met­tons. Les autres, les gens de pou­voir, ne savent pas sur quel bou­ton appuyer, se gavent, tout comme nous, d’alcools, d’espoirs et de pilules. Nous eux eux fini­ront par mou­rir, seuls ou en en tuant d’autres, à moins qu’une autre comète ne vienne entre­temps mettre fin à ce cirque.

Tout est plus fort que nous. Cela fait une ombre sur notre com­ba­ti­vi­té. Alors nous cher­chons à allu­mer toutes les pen­sées pos­sibles pour que nous ces­sions d’avoir peur. C’est en soi un miracle que l’univers se mani­feste de cette manière. Il suf­fit de s’asseoir et d’en prendre conscience pour qu’un calme rela­tif s’impose à notre corps cha­peau­té ce notre cer­veau hallucinogène.

Y a‑t-il là matière à réflexion ? Je n’ai par­fois plus d’énergie pour me poser la ques­tion. Mais je me regarde aller davan­tage. C’est pro­ba­ble­ment l’âge ? Il paraît que cette dis­tan­cia­tion est une forme de sagesse qui ne mène on ne sau­ra jamais où, car c’est dans le silence que se semble se résoudre et vivre les contradictions.

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