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Que le rêve l’emporte

Que le rêve l’emporte, c’est tout ce que je puis affir­mer avec mes jours qui rac­cour­cissent, la mémoire qui s’allonge et mes cer­ti­tudes qui s’évaporent en fai­sant des ronds dans l’eau de je ne sais trop quoi.

Mon igno­rance me donne des ailes. Elle me per­met de cou­rir loin, sans perdre mon souffle. Elle me donne la liber­té d’imposer des dési­rs à ma réa­li­té, à pen­ser de gauche à droite, de bas en haut, à suivre les étoiles de mon thème astral tout en écou­tant la logique des grands savants qui parlent plus haut que moi.

Il existe une tech­nique amu­sante en astro­lo­gie qui consiste à suivre sur le globe ter­restre les lignes de son thème astral. Là, sur la ligne de Vénus, on peut ren­con­trer l’amour, ailleurs, en sui­vant la fron­tière tra­cée par Jupi­ter, on pour­rait s’épanouir. Au croi­se­ment de cer­tains hori­zons se trou­ve­raient les réponses à nos existences.

C’est ain­si que mon igno­rance, mon amu­se­ment, ma folie me conduisent à Ban­da, en Inde, là où Plu­ton et Jupi­ter se croisent. Il paraît que j’y trou­ve­rais la crois­sance, le bon­heur, la paix. Devrais-je tout quit­ter pour aller ren­con­trer ma vérité ?

Que le rêve l’emporte et mes ailes y vont tout de suite. J’imagine que je ne tra­vaille plus, mon âme s’assoit sur les rem­parts du fort Kalin­jar, à flanc de mon­tagne, à ne rien faire, à ne rien connaître, à n’être que moi, soit rien, et tout à la fois.

On dit que le para­doxe est la solu­tion de toutes les souf­frances. Je ne sais et je suis trop fati­gué pour aller pas plus loin que mon lit. Peut-être existe-il une Inde dans mes rêves, peut-être suis-je ici et là-bas, puisque tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est à l’Ouest est sans doute l’inverse de ce qui se trame à l’Est.

Où puis-je m’abreuver à l’élixir de la connais­sance ? À l’eau de mes silences ou à tra­vers l’abîme de vos yeux ?

Source : Astro­dienst

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