altPicture1191889843

Récupérer le matin

Modifié le : 2019/08/04

Depuis que je suis retour­né dans ma chambre, j’ai récu­pé­ré le matin, son arbre dode­li­nant l’aurore, le ciel atta­qué par les oiseaux. Un sen­ti­ment d’ordre s’engouffre dans ma conscience et je crois que, dans la fou­lée, même mes rêves se suivent can­di­de­ment, tels des enfants de gar­de­rie atta­chés les uns aux autres, atten­dant sage­ment leur tour pour tra­ver­ser la rue.

Il s’agit certes d’une illu­sion. Je me suis réveillé d’ailleurs durant la nuit pour uri­ner et me suis deman­dé pour­quoi diable je rêvais d’une expé­rience de labo­ra­toire médi­cal. S’il sont des bam­bins, mes rêves ont une drôle d’enfance et leurs his­toires ne pro­viennent pas de Passe-Partout.

Mais retour­nons au matin. Il est dix heures. J’ai pris mon petit-déjeu­ner, mon café, ai déjà dis­cu­té avec des gars sur Inter­net. Je suis de nou­veau dans mon lit, à écouter/​regarder la mati­née, à explo­rer le vert de cet arbre qui, mal­gré son ordi­naire, me tamise et digère la lumière. Je vois un nuage pas­ser. Je l’oublierai, car d’autres, tels des ado­les­cents pres­sés, tra­ver­se­ront la rue quand bon leur sem­ble­ra, lais­sant der­rière eux un cha­pe­let d’éphémère blancheur.

Je pro­fite encore quelques ins­tants de ce moment calme, mais je dois me lever. J’ai des tra­vaux, mon épi­ce­rie à faire. Je tem­père une zone impa­tiente, dans mon esprit. C’est l’adulte qui compte les jours, les heures, par­fois les secondes et qui ronge ses ongles, son frein, son humeur. Il aime bien le matin, s’en gave. Il aime­rait éga­le­ment savoir de quoi il en retourne avec cet enfant qui n’arrive pas sor­tir du ventre de sa mère, son roman, son jus, ses eaux. L’adulte attend. Il espère.

Classé dans :lumièrematin

#1a3958
#1a3958