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Rêves érotiques

Je ne serai pas ori­gi­nal en affir­mant que j’ai fait un rêve éro­tique. J’imagine déjà le sou­rire en coin de cer­tains ou un dédain chez d’autres. Dans ce monde qui affiche la sexua­li­té dans tous les médias, il est plus qu’étonnant de consta­ter la gêne qu’une telle affir­ma­tion peut occa­sion­ner. Je me ver­rais mal en effet affir­mer devant mes col­lègues que j’ai rêvé à eux, encore moins que j’ai fait ces choses qui ne sont per­mises que dans l’intimité secrète d’un moment chaud. Et pour­tant, cha­cun le vit, à sa façon, en goûte autant le suc enivrant que son éphé­mère durée vinai­grée. Il est inté­res­sant aus­si de consta­ter qu’une telle révé­la­tion peut faci­le­ment être consi­dé­rée comme une agres­sion pure et simple.

La pul­sion en nous agit comme un fan­tôme, sa langue est insa­tiable, sa puis­sance est inta­ris­sable et volon­taire. Je me sur­prends aus­si de ces rêves, qui arrivent de nulle part, et qui me rap­pellent qu’aucune bles­sure, aucun échec ne vient à bout du cou­rage de l’acte. Les vieux éro­tisent, les bébés se pré­parent à jouir, les ado­les­cents s’en font les mar­tyres et les adultes apprennent à se rete­nir. La flèche du désir atteint chaque fois sa cible. Son par­cours est autant laby­rinthe qu’évangélisme.

Il n’est pas sur­pre­nant d’entendre les faux prudes hur­ler d’horreur. Ils ne savent que trop bien qu’ils ne pour­ront vaincre ce qu’ils appellent des démons. Rien d’extraordinaire non plus à écou­ter les trou­ba­dours ano­blir leurs plus vils fan­tasmes. On se donne les excuses qu’on peut.

Mal­gré tout, on demeure pru­dent à décrire ce que l’on a rêvé, car évi­dem­ment, tout y est per­mis : le gros sexe sale comme on dit, les doigts par­tout, les langues effré­nées, les anciennes images ado­les­centes, les fron­tières qu’on ne fran­chit habi­tuel­le­ment jamais, à moins d’être plus ou moins enivrés de naï­ve­té ou d’alcool.

C’est un jar­din secret si fra­gile, se dit-on, que seul un contexte cli­nique en per­met l’auscultation. Je ne peux donc aller au-delà de la décla­ra­tion que j’ai fait des choses, ne vous en déplaise, qui m’ont bien plu pen­dant quelques minutes d’inconscience. Je sup­pose que, de toute manière, ces choses équi­valent aux vôtres et que, en fin de compte, il n’y a pas de honte à gar­der cela pour soi. Qu’adviendrait-il, en effet, si cha­cun se met­tait à racon­ter sa véri­té, si nous deve­nions le livre ouvert qui se doit d’être non dit ? Qu’y a‑t-il de si pré­cieux à gar­der ce silence jusqu’à notre mort ?

Classé dans :Rêvesérotisme

Commentaires

  • itasiathegh

    itasiathegh 2020/12/19 05:44 0

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